Portrait Moïsette Crosnier

Enseignement supérieur en région Centre : point d’étape et perspectives

Intervention de Moïsette Crosnier

 

Cette communication aborde, outre un point d’étape sur la mise en œuvre du schéma régional de l’enseignement supérieur et de la vie étudiante (SRESVE), 2 enjeux majeurs pour l’avenir de nos Universités : les projets d’investissements avec le nouveau CPER d’une part, et les objectifs et le fonctionnement de la COMmunauté d’Universités et d’Établissements (COMUE) d’autre part, dont le périmètre regroupe 3 régions : Centre, Poitou-Charentes et Limousin.

 

La COMUE devra coordonner les offres de formation, les stratégies de recherche  et de transfert des établissements. L’État contractualisera directement avec les COMUE et non plus avec les Universités. Elle sera l’interlocuteur pour la négociation des contrats de site.

Je voudrais rappeler le contexte national : la COMUE a été instaurée par la loi Fioraso de juillet 2013. Cette loi est restée dans la ligne de la loi LRU de 2007 de la majorité précédente et qui visait l’autonomie des universités. La loi Fioraso impose des regroupements et fusions sous la forme de COMUE, contre l’avis de la plupart des enseignants. Où est l’autonomie ?

L’autonomie accordée aux Universités implique les transferts financiers qui vont avec et qui n’ont pas eu lieu. Ce manque de moyens va soumettre les Universités à des contraintes qu’elles auront bien du mal à assumer, même si le gouvernement est revenu récemment sur l’amputation de 70 millions d’euros de leur budget.

C’est pourquoi les députés EELV à l’Assemblée Nationale ont voté contre la loi Fioraso. Depuis, de nombreux conseils d’Université se sont positionnés contre la mise en place des COMUE et le CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) a demandé un moratoire d’un an pour son adoption.

De nombreuses questions se posent à nous. Notre COMUE sera la plus grosse des COMUE de France, mais quel en sera le bénéfice réel ? Cela apportera-t-il un meilleur positionnement à l’international ? Une meilleure visibilité des projets ?. Comment seront-elles gouvernées ? Il y a une crainte justifiée de perte de démocratie universitaire, puisque tous les établissements membres ne seront pas représentés dans les CA des COMUE. Les CA seront en majorité composés de directeurs d’établissements et de personnalités extérieures. Les centres de décision seront donc éloignés des personnels et des usagers.

Pour la COMUE Centre-Limousin-Poitou-Charentes, de très fortes réticences ont été exprimées par le milieu universitaire, les syndicats et les enseignants.

 

Pour ce qui concerne les projets d’investissement dans le cadre du CPER, ces derniers ont fait l’objet d’études. Des opérations ont été identifiées et sont mentionnées dans le rapport. La modernisation de la halle de sports de la filière STAPS, la réhabilitation du bâtiment Vialle de l’Université de Tours et des constructions nouvelles liées aux nouvelles entités. Nous sommes en attente de  précisions. Sur quels critères ces choix ont ils été opérés ? Sont-ils définitifs? Quels seront les montants financiers ? Nous sommes en attente de l’étude des besoins et des priorités en cours pour formuler un avis.

Une interrogation plus locale : à Orléans, un deuxième campus est en projet depuis plusieurs années. Le site de l’hôpital rue Porte Madeleine va se libérer, où en est-on de la réflexion sur ce projet ? Comment la Région sera-t-elle consultée et quel sera l’impact budgétaire ? Quelle est la position de l’agglomération d’Orléans ?

 

S’agissant du point d’avancement sur la mise en œuvre du SRESVE, plusieurs orientations ont été prises il y a un an, orientations que nous avions saluées et nous notons avec satisfaction les progressions réalisées depuis :

  • la progression notable du nombre d’étudiants ;
  • les orientations plus nombreuses en IUT et BTS d ‘étudiants sortant de filières professionnelles ou techniques ;
  • une incitation des jeunes à s’engager dans les filières longues avec le renforcement des formations d’ingénieurs (reste peut-être à renforcer les incitations à l’entrée en master) ;
  • des avancées sur le plan de la vie étudiante avec la caution locative et la réduction des coûts de transports.

Certaines orientations ne ne figurent pas dans ce bilan comme les conventions CPGE-Universités qui ont pour objectif de réduire les inégalités et le bilan des actions en faveur de l’emploi pour les étudiants. Le délai d’un an est sans doute trop court. Nous souhaitons que toutes les mesures proposées dans le schéma soient évaluées à plus ou moins court terme.

Nous avions proposé des pistes d’amélioration pour la vie des étudiants que nous aimerions rappeler :

  • l’application des critères de la construction durable pour les réalisations immobilières que nous finançons, à l’identique de ce que nous demandons pour la construction des lycées ;
  • la création de centres de santé pour assurer à tous les étudiants, une continuité de soins, du dépistage au traitement ;
  • le développement des transports doux et des transports en commun sur les campus universitaires et dans les agglomérations sièges des Universités.

 

Pour conclure : les étudiants ont de bonnes conditions de vie et d’études dans notre région et nous nous en félicitons. Ce premier point d’avancement montre que les orientations fixées progressent, il faut continuer dans ce sens.