Portrait Gilles Deguet

Ferroviaire : le pseudo-cadencement est en fait une baisse du service rendu !

Intervention de Gilles Deguet 

Monsieur le Président, monsieur le Vice-président, chers collègues, je voudrais commencer cette intervention par un éloge du cadencement.

Le cadencement est un idée bien connue de tous ceux qui travaillent sur les transports en commun. Des transports en commun cadencés sont des transports qui partent à intervalles réguliers et rapprochés. L’avantage est qu’on est sûr de ne pas attendre plus longtemps que cet intervalle, et c’est donc en général un fort facteur de développement. La plupart du temps, la fréquence est une fraction d’heure, ce qui permet de mémoriser facilement les heures de passage. Le cadencement suppose évidemment d’avoir assez de véhicules pour que les passages soient réguliers et que la fréquence soit inférieure à une heure.

Vive donc le cadencement ! La colère n’en est que plus grande de voir RFF utiliser le terme pour habiller une mesure de changements d’horaires qui n’est en aucune manière un cadencement. J’ai relevé les intervalles qui sépareront les départs de train sur la ligne que je fréquente tous les jours, entre Saint-Pierre-des-Corps et Orléans. Les voici: 1 heure ; 1 heure, ça commence plutôt bien, puis 47 minutes, 59 minutes, 1heure 4, 2 heures, 56 minutes, 1 heure 14 … Si c’était un cadencement, ce serait un cadencement boiteux ! 

Mais si ce n’est pas un cadencement, qu’est ce que c’est donc ? Simplement une mesure de rationalisation pour pouvoir introduire la concurrence entre opérateurs sur les lignes, en offrant des sillons standardisés. J’ai déjà signalé ici que l’aveu de cette vraie raison du cadencement figure explicitement dans le Schéma National des Infrastructures de Transport sur lequel nous avons émis un avis en juin. Cette vraie raison apparaît aussi lorsqu’on apprend qu’il n’est plus possible de faire passer des trains de voyageurs parce que des opérateurs ont réservé des sillons sans qu’on sache même s’ils feront rouler des trains sur ces sillons. Ce n’est pas la magie du prétendu cadencement qui libère des sillons pour le fret: c’est juste la suppression des sillons pour les voyageurs.

Mes chers collègues, notre groupe a présenté un vœu en juin demandant qu’on n’applique pas ces nouveaux horaires en décembre. Pourquoi donc avons nous été les seuls à voter ce vœu?

Aujourd’hui, alors que l’échéance approche, il est de plus en plus clair que ce changement va se traduire par un recul du service public de transport des voyageurs. Je prends encore une fois l’exemple de la ligne que je fréquente: actuellement: en jour normal de semaine, il roule 21 trains entre Saint-Pierre et Orléans ; après le 11 décembre, il n’en roulera plus que 16, et dans l’autre sens 17 contre 24 actuellement. 

Monsieur le Président, monsieur le Vice-président, la Région n’est pas responsable du changement d’horaire, c’est une volonté du gouvernement, vous l’avez rappelé à plusieurs reprises. Je vous demande d’adresser un message encore plus clair : 

– non, le prétendu cadencement n’a pas pour but d’améliorer le service aux voyageurs !

– non, le changement d’horaire n’est pas causé par les travaux d’entretien des lignes comme le prétend la publicité radio diffusée !

– non, la Région ne souhaite pas ce changement !

– oui, le changement se traduit par une baisse du service au public !

– non, les voyageurs mécontents ne sont pas des casaniers dérangés dans leurs habitudes !

– oui, leur demandes et celles des collectifs qui se constituent sont légitimes !

– et oui, la Région doit les soutenir !