Formation des demandeurs d’emploi

Intervention de Gérard Nicaud

 

Monsieur le Président, madame, monsieur, cher collègues, la présentation de l’expérimentation dans le domaine de la formation professionnelle visant à affirmer le rôle de la Région dans l’offre de formation reçoit un avis favorable du groupe écologiste.

La formation doit se penser dans le sens du progrès humain et sociétal, elle n’est pas un simple outil pour accompagner les crises ou servir les besoins économiques à court terme. Elle permet l’émancipation individuelle et collective, la réussite de chacun et chacune, l’accès aux savoirs et l’évolution de nos connaissances. Les écologistes pensent la formation comme un levier fondamental pour accompagner les habitants de la région dans leurs projets, dans leurs parcours d’insertion sociale et professionnelle. Nous pèserons donc pour replacer la formation au service de l’humain et non seulement au service de l’économie.

Mais attention, il ne s’agit pas de voir la formation comme une solution mécanique. Le déploiement quantitatif de formations ne doit pas être une réponse automatique à la problématique des emplois non-pourvus. Il nous faut interroger les raisons de ces vacances d’emplois en développant une réflexion intégrée et globalisée.

La loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale fait la part belle à la formation qualifiante. Cependant, il ne faudrait pas oublier que la formation s’appréhende de manière plus globale. Il est essentiel  de prendre en compte l’ensemble des besoins de formation, qu’ils relèvent de la pré-qualification ou encore de la revalorisation individuelle et collective… Aussi, il nous semblerait judicieux d’intégrer dans les offres de formation, des modules de formation pas seulement techniques : reprendre pied dans l’accès à l’emploi, construire un réseau, accéder à la culture…

Nous vivons dans une société où la permanence de l’emploi n’est plus la norme. En tant que pilotes de la formation sur notre territoire, nous devons prendre en compte ce constat.

Nous avons le devoir d’anticiper les besoins de demain et d’inscrire les bénéficiaires dans une forme de résilience fasse à la flexibilité qui devient la doxa dominante des entreprises. Il nous faut intégrer très fortement les métiers de la transition écologique, qu’ils relèvent du bâtiment, de l’énergie, de l’agriculture, etc…

Enfin la formation, ce sont aussi des lieux de formation, des acteurs économiques irrigant nos territoires, contribuant à leur vitalité et à une possible innovation locale. Penser la transition, c’est penser des dynamiques locales dans lesquelles les acteurs de la formation peuvent jouer un rôle déterminant, si la logique de coopération prime sur la logique de marché.

Pour revenir au rapport qui nous est présenté, et sans parler de révolution, la lutte contre le chômage doit passer désormais par de nouvelles organisations,  des champs de responsabilité  modifiés, et malgré l’urgence, se donner le temps de l’efficacité.

Le groupe écologiste est donc favorable à cette expérimentation qui se traduira par un pilotage unique de la formation professionnelle des demandeurs d’emplois par notre collectivité avec les mesures qui permettront sa mise en œuvre.