Formation-emploi

Intervention de Christelle de Crémiers

 

La Région Centre Val de Loire entend se saisir pleinement de ses anciennes et nouvelles compétences pour l’emploi sur son territoire, notamment en termes de formation et d’orientation professionnelles. La mobilisation de la Région pour l’emploi est à la hauteur de son engagement. Pour coordonner et mettre en relation les professionnels de l’emploi, les employeurs et les demandeurs d’emploi de la manière la plus fine possible, la plus attentive possible, car il ne s’agit jamais de cas standard. Au contraire, la politique régionale assume que chaque situation est particulière et qu’il s’agit avant tout de personnes et non seulement de statistiques. C’est bien le rôle de la région de mettre en relation, elle entend bien le jouer et sait qu’en ce domaine elle est la mieux placée pour donner corps à la chaîne de l’emploi entre les entreprises, le public et les territoires. Pour cela, elle organise des rencontres régulières, et développe des outils ergonomiques, simples et accessibles de contact entre employeurs et grand public sans segmentation comme l’application CléOR qui mérite d’être saluée. Les cordées du territoire sont à ce titre exemplaires, toujours dans le souci de faire dans la dentelle de manière systématique, au plus près de la réalité de terrain. Forte du succès des deux premières éditions des cordées, la Région compte les pérenniser avec, cette fois-ci, les écologistes s’en félicitent, la participation des demandeurs d’emploi.

Cette politique d’assembleur et de coordinateur des acteurs de l’emploi s’accompagne de politiques économiques de développement local. Le renforcement de l’activité économique locale est un choix politique fort pour l’équilibre entre les territoires car il va l’encontre de la tendance des flux financiers vers la concentration à la fois des richesses et des équipements publics. C’est le cas de la politique alimentation avec la volonté de créer des Systèmes Alimentaires Territoriaux qui visent à transformer et consommer sur un même bassin de vie un tiers de la production agricole locale, et tout l’emploi non délocalisable que cela représente. Idem en créant des projets touristiques de territoire afin de développer une offre de tourisme dans des territoires peu ou mal connus, notamment grâce au développement des véloroutes, mais surtout par l’animation des acteurs à travers les offices de tourisme.

A cette occasion, j’ai le plaisir de vous confirmer que l’engagement de la Région pour la structure ARDAN Centre tout au long de 2017 a rencontré le succès. ARDAN Centre c’est une structure au service de l’innovation des entreprises et de l’emploi. Une entreprise qui souhaite se développer et recruter est accompagnée pendant six mois avec la personne recrutée de son choix, qui doit être obligatoirement inscrite à Pole Emploi , qui entre dans le dispositif ARDAN comme stagiaire de la formation professionnelle. Pour l’entreprise, il s’agit d’un gain de 50 à 70 % du coût sur six mois, la tranquillité juridique vis-à-vis du risque de développement. Pour le chercheur d’emploi, il s’agit d’une formation contribuant au savoir-être et surtout une perspective d’une embauche en CDI qui se concrétise dans plus de 86 % des cas. Proximité, dialogue et engagement sont toujours les ingrédients d’une politique pour l’emploi réussie. Au cours de l’année 2017, ARDAN a traversé de nombreuses épreuves, son dispositif a été profondément revu afin d’être en parfaite conformité avec les dispositions administratives, tout en préservant l’excellence de ses résultats. C’est aujourd’hui une réalité et j’invite chacun de mes collègues dans son territoire à penser à ARDAN pour accompagner le développement des entreprises et le retour à l’emploi y compris de personnes en chômage longue durée ou des jeunes sans expérience.

Je terminerai en soulignant le rôle de rempart de la Région, elle est en quelque sorte la dernière chance des territoires. Si les feux sont au vert pour la croissance, cela ne doit pas occulter le caractère terriblement insoutenable d’un système économique fondé sur la croissance illimitée. Gaël Giraud, chercheur CNRS et directeur de l’agence française de développement,  explique la croissance du PIB pour deux tiers fondée sur la croissance de la consommation d’énergie, pour un tiers grâce à la productivité du travail. Le système économique dans lequel nous sommes tend de manière structurelle à dégrader les conditions de travail et à augmenter la précarité, à partir du moment où la consommation d’énergie fossile ne peut continuer d’augmenter à l’infini. Dans cette même logique, la politique technocratique et financière du gouvernement, nous le verrons avec le rapport Spinetta, privilégie les plus grandes structures, tout en laissant les Régions assumer l’économie de la proximité, pour les personnes comme pour les PME et PMI. Notre mobilisation est totale dans ce domaine et nous savons que le rôle de rempart deviendra de plus en plus crucial.