La concertation et la transparence sont des conditions nécessaires à la réussite de la campagne de vaccination anti-Covid-19

Aucune leçon n’a-t-elle été retenue des deux premiers confinements ?

De nombreux témoignages venus de tous les territoires de la région Centre-Val de Loire illustrent les dysfonctionnements inacceptables de la campagne de vaccination anti-Covid-19 en France.

Non seulement le gouvernement a sous-estimé le défi logistique autour du premier vaccin disponible (Pfizer-BioNTech), mais encore une fois, les élus locaux et les organes décentralisés compétents, prêts à soutenir largement l’organisation de la vaccination dans leurs territoires, ont d’abord été mis de côté, ce qui a empêché un démarrage décentralisé, rapide et efficace. Puis, lors de l’ouverture de la vaccination aux personnes de plus de 75 ans habitant chez elles, le président de la République a appelé les élus locaux à accélérer la vaccination, ce qu’ils ont fait en déployant immédiatement des dispositifs opérationnels et coûteux, mais ceux-ci se trouvent finalement sous-utilisés, faute de doses de vaccin en quantité suffisante.

Dans la gestion de cette campagne vaccinale, les élus écologistes exigent plus de concertation, une prise en compte des initiatives locales et notamment une meilleure articulation entre l’Agence Régionale de Santé (ARS), les élus locaux et les plateformes de prises de rendez-vous. La semaine dernière, on a vu des habitants de Paris ou encore d’Arcachon s’inscrire en ligne pour se faire vacciner dans le Berry !

Mais il y a également un besoin de transparence. Pour être large, l’adhésion vaccinale nécessite une relation de confiance, avec des rapports précis sur les risques et les effets, mais aussi sur les contrats d’achat avec l’industrie pharmaceutique et les conditions de vaccination. C’est un travail impulsé au Parlement européen par l’eurodéputé écologiste David Cormand, avec l’adoption d’un amendement exigeant la transparence sur les contrats d’achat de vaccins.

La transparence doit aussi être faite sur le calendrier de livraison des doses de vaccin en France afin d’évaluer la possibilité de couvrir les besoins de vaccination des personnes prioritaires, puis ceux de tous nos concitoyens qui souhaitent être vaccinés.

Le vaccin constitue en effet la principale piste pour nous permettre de sortir de cette crise sanitaire. Nous n’avons pas le droit de ne pas réussir la campagne de vaccination anti-Covid-19 !

Plus globalement, la crise que nous vivons et d’autres à venir nécessitent de décentraliser l’expertise vers les territoires, pour que tout ne se décide pas en chambre d’experts ou dans un conseil de défense. Les décisions doivent faire l’objet de débats, d’échanges locaux entre citoyens, entre citoyens et élus, entre citoyens et scientifiques ou dans le cadre de conventions citoyennes. Faire de la pédagogie est indispensable pour développer une culture scientifique en conscience. Les gens ont besoin de poser des questions, de critiquer, d’interpeller pour comprendre la situation, pour exercer un esprit critique sur des informations reçues à travers les réseaux sociaux. Il est essentiel de recréer de la confiance, en commençant par ne pas infantiliser les citoyens. En retour, les décideurs pourraient mettre en œuvre des décisions et des mesures plus justes, mieux comprises, mieux acceptées et mieux appliquées. La Région pourrait jouer un rôle dans la mise en œuvre d’une telle « démocratie sanitaire ».

Charles Fournier, porte-parole du groupe écologiste

Benoît Faucheux, président du groupe écologiste