Ligne ferroviaire Tours-Loches : travaux urgents et avenir à plus long terme

Intervention de Gérard Nicaud

Deux aspects distincts dans ce rapport :

  • D’abord le financement (36 millions d’euros) de travaux de régénération de la ligne ferroviaire Tours-Loches.
  • Ensuite la présentation d’une « nouvelle démarche partenariale innovante » pour l’avenir de cette même ligne à plus long terme, mais sans décision soumise au vote.

Sur la convention de financement relative aux travaux de régénération de la ligne Tours-Loches

Les 42 kilomètres de la ligne ferroviaire Tours-Loches font partie de ce que le gouvernement a appelé un temps les « petites lignes » et qui les désigne désormais comme des « lignes de desserte fine du territoire ». Suite à la mobilisation de notre majorité, un protocole d’accord pour la sauvegarde de ces lignes de desserte fine du territoire a été signé entre notre Région et le Ministre des transports il y a un an maintenant, en février 2020.

Ce protocole s’est traduit par la signature d’un avenant au CPER 2015-2020 en juillet dernier qui prévoit pour la ligne Tours-Loches une prise en charge à 100 % par la Région des travaux nécessaires sur cette ligne, sur la base d’un montant estimé à l’époque par SNCF Réseau, de 32,5 millions d’euros. Mais il s’avère que le montant nécessaire a été réestimé depuis par SNCF Réseau à 55 millions ! Il ne s’est pourtant écoulé que quelques mois…

Le rapport qui nous est soumis aujourd’hui propose d’acter un montant d’investissement de 36 millions, soit 3,5 de plus que ce qui avait été convenu il y a quelques mois, ce qui permet de financer les travaux les plus urgents, tout en renvoyant les autres investissements (19 millions ?) demandés par SNCF Réseau à une phase ultérieure.

Notre groupe défend depuis longtemps les transports du quotidien et a souvent dénoncé la façon dont l’Etat et la SNCF, obnubilés par les LGV, ont laissé se dégrader le réseau ferroviaire. Nous avons donc soutenu en mai 2018 l’appel lancé par notre Région à l’Etat pour sauver nos lignes menacées, malheureusement nombreuses dans la Région. Et bien sûr en toute cohérence nous soutenons l’inscription très conséquentes de crédits régionaux pour soutenir la régénération de ces lignes : aujourd’hui pour Tours-Loches, comme il y a quelques mois en commission permanente pour Tours-Chinon ou pour Tours-Vendôme-Châteaudun-Paris.

Mais comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire par le passé, nous regrettons l’inadéquation entre l’importance des dépenses consenties par la Région (ici 36 millions d’euros consacrés simplement à la sauvegarde de la ligne) et la faiblesse de l’offre de service sur cette ligne : 2 allers-retours et demi par jour seulement !  Nous entendons qu’il existe des arguments techniques pour expliquer cette situation, mais nous redisons que, pour les écologistes, le choix d’investir sur une ligne doit être directement corrélé au choix de développer l’offre sur cette ligne et de donner envie de prendre le train. Comme Charles Fournier l’a dit lors de la dernière session, il y a besoin de donner une perspective à cette ligne Tours-Loches !

Sur la mise en place d’une « nouvelle démarche partenariale innovante » sur la ligne Tours-Loches

Il nous semble de bonne politique de réfléchir à l’avenir de la ligne.

L’expérimentation sur cette ligne d’une circulation de rames légères à hydrogène, construites par Alstom, et circulant déjà en Allemagne, envisagée dès le mois de septembre 2021, n’est pas sans intérêt. Cela mériterait cependant plus de précisions que ce qui figure dans le rapport. Par exemple, cette expérimentation nécessite-t-elle des investissements particuliers (pour la production d’hydrogène, etc.) ?

Le rapport souligne que la Région ne pourra pas agir seule et évoque la possible participation de la métropole tourangelle ainsi que des communautés de communes concernées. Une démarche de concertation est d’ailleurs annoncée pour les prochaines semaines, afin de conduire à préciser la gouvernance et le cadre conventionnel qui devra être mis en place, pour formaliser l’engagement de l’ensemble des parties.

Un point de vigilance à ce sujet : même si nous tenons beaucoup à cette ligne Tours-Loches, attention cependant à ne pas raisonner que « ligne » mais à raisonner aussi « réseau » : car Tours-Loches, ce n’est pas que Tours-Loches :

  • c’est aussi une branche de l’étoile ferroviaire de Tours-St-Pierre
  • c’est aussi, accessoirement, une section d’une ligne qui au-delà de Loches, passe par Châtillon, Clion, Saint-Maur… pour rejoindre Châteauroux.

Il nous semble important de rappeler l’existence d’une réflexion autour du concept de « Service Express Métropolitain » (SEM), sorte de RER métropolitain, qui a fait l’objet d’une étude importante rendue publique par SNCF Réseau. Alors qu’il est question ici d’associer la métropole de Tours à l’avenir de la ligne Tours-Loches, nous redisons combien il nous paraît essentiel que notre Région s’approprie ce concept de Service Express Métropolitain. Tours est identifiée comme une métropole où la création de ces RER métropolitains pourrait être pertinente : la ligne Tours-Loches, qui concerne Joué-lès-Tours, Montbazon, Veigné, Cormery… est évidemment concernée, et dans la mesure où il est proposé d’associer la métropole de Tours à nos réflexions, il serait dommage de ne pas intégrer cette dimension dans les réflexions sur l’avenir de la ligne Tours-Loches.

Pour terminer, en tant que maire de Châtillon-sur-Indre, puis-je me permettre de dire ici que j’ai encore l’espoir de voir un jour des trains Rémi permettant aux habitants de la vallée de l’Indre de se rendre en train à Châteauroux comme à Tours ?