Portrait Jean Delavergne

Nouvelle carte des régions : audition de Jean Delavergne à l’Assemblée Nationale

Intervention de Jean Delavergne à l’Assemblée Nationale le 4 juillet 2014 (table ronde organisée par le rapporteur de la loi sur la nouvelle carte des régions)

 

Le groupe EELV au Conseil régional du Centre défend bien évidemment le principe d’une réforme territoriale donnant plus de poids aux Régions et aux intercommunalités – que nous préférons appeler « communautés de bassins de vie », en leur transférant des compétences jusqu’ici exercées par les Conseils Généraux et l’Etat.

 

Si l’on ne veut pas que cette reforme soit ressentie par nos concitoyens comme un bouleversement inutile voir dangereux, qu »elle les désoriente au minimum de leur cadres de référence politique, nous pensons que la proximité et la démocratie doivent être placées au cœur du processus et que pour qu’elle ait du sens il faut qu’elle soit clairement sous-tendue par l’objectif de la transition écologique de notre société.

 

Nous remettons fortement en cause la manière dont cette réforme est conduite. C’est le contraire qui a été fait en mettant en avant la division par deux du nombre de régions et la constitution de méga-régions , soit disant « à l’échelle européenne ».

 

Faut-il rappeler ici que les régions française sont déjà largement à la taille européenne et qu’une région comme celle du Centre est déjà plus grande que la Belgique. Ce n’était évidemment pas raisonnable de proposer de multiplier par deux cette taille en fusionnant le Centre avec Poitou-Charentes et Limousin, on serait arrivé à une taille supérieure cette fois à l’ensemble de l’Autriche mais, autant vous le dire tout de suite, la fusion avec l’ensemble de la région des Pays de la Loire en faisant un territoire plus grand cette fois que l’Irlande ne nous paraîtrait pas plus raisonnable.

 

Comment les habitants de Dreux, de Montargis, de Saint-Amand-Montrond ou d’Argenton-sur-Creuse, mais même ceux de Chartres, de Bourges, de Châteauroux, voire d’Orléans, pourront-ils comprendre qu’on leur impose comme capitale régionale Nantes ? Sachez que pour rejoindre Nantes de chez moi, à côté de Châteauroux, il faut compter 4 bonnes heures de route ou de train … et je ne suis pas au point le plus éloigné.

 

La taille actuelle de la région Centre permettait encore, même si cela était déjà difficile du fait de sa grandeur, des relations de proximité avec les bassins de vie, avec les pays et les agglomérations, mais aussi avec les fédérations d’association, les chambres professionnelles, les syndicats, des réseaux culturels, … bref les organisations de la société civile qui pouvaient encore à cette échelle être composées de bénévoles et d’acteurs de terrain. C’est cette proximité que nous craignons voir remise en cause dans la disparition de la région Centre dans une méga-région.

 

Nous ne sommes pas opposés par principe en ce qui nous concerne à des modifications des limites régionales, y compris par détachement de certains départements de leur région d’origine, à la condition que ce soit le résultat d’un véritable processus démocratique auquel soient réellement associées les populations et collectivités concernées.

 

Mais compte tenu de la précipitation dans laquelle on veut conduire cette réforme, pour nous le plus sage serait que l’on maintienne, au moins dans un premier temps, la région Centre dans ses frontières actuelles.

 

Soyons maintenant pragmatiques :

1° Nous ne voyons pas de raison rationnelle qui ferait du chiffre de 14 régions un chiffre intangible. Et nous demandons à la représentation nationale d’amender le texte du gouvernement pour ne pas limiter arbitrairement à 7 régions la possibilité de mettre en place la réforme dans un cadre géographique maintenu.

2° Dans le cas où ce ne serait pas cette première option, la plus rationnelle, qui l’emporterait, et où les régions Poitou-Charentes et Limousin confirmeraient leur tropisme aquitain, il y aurait donc tout de même la possibilité que le Centre reste lui-même, qu’on ne lui impose aucun mariage arrangé, la région Centre remplaçant dans ce cas l’Aquitaine au nombre des 7 régions à qui on accorderait le droit de ne pas subir de mariage forcé.