Nouvelles restrictions sanitaires : faire face à l’urgence et préparer l’après

En annonçant à la fois l’extension à toutes les régions métropolitaines des « mesures renforcées » qui étaient en vigueur dans 19 départements et la fermeture des établissements scolaires au mois d’avril, c’est bien un troisième confinement national que le président de la République vient de décider. Même s’il sera possible de s’aérer sans attestation, c’est bien un retour du télétravail systématique quand il est possible et de « l’école à la maison ».

Seul maitre à bord, Emmanuel Macron poursuit son numéro d’autosatisfaction, alors que les mesures qu’il a prises jusque-là n’ont pas permis d’endiguer l’épidémie et alors qu’en étant sourd aux appels lancés par les professionnels de santé depuis des semaines, il n’a pas gagné de temps mais au contraire en a fait perdre. Les Français paient aujourd’hui le prix d’un pari morbide.

Le débordement des capacités d’accueil était inévitable puisque structurel, d’autant que l’insatisfaction des personnels ainsi que leur épuisement après plus d’une année de lutte contre l’épidémie ne permettront pas le même engagement qu’au printemps 2020. Comme il y a un an, des opérations chirurgicales doivent être déprogrammées afin de faire face à la crise de la Covid. La priorisation quasi-exclusive donnée au coronavirus ne doit pas remettre en cause l’égalité devant l’accès aux soins ni occulter les autres pathologies et les patients non Covid qui ont, eux aussi, besoin et droit aux soins et à la prévention. Nous espérons que les nouvelles mesures contribueront à freiner la diffusion du virus et donc à atténuer cette pression sur l’hôpital.

A défaut d’être tenues, les promesses sont recyclées ou reportées. Ainsi, il est désormais question d’ouvrir « jusqu’à 10 000 lits de réanimation », alors que le ministre de la santé avait pourtant promis à la fin du mois d’août 2020 qu’il y aurait « 12 000 lits de réanimation disponibles si la situation le nécessite ». Ainsi, il nous est demandé régulièrement de tenir quelques semaines jusqu’au retour à une vie plus normale : cet horizon était encore récemment annoncé pour la mi-avril et est désormais repoussé la mi-mai, dans le meilleur des cas…

Le Conseil régional est directement concerné par la décision fermer les lycées jusqu’au début du mois de mai, avec deux semaines en cours à distance entrecoupées de deux semaines de vacances. Cette décision était sans doute devenue nécessaire, mais elle ne doit pas nous faire oublier le décrochage vécu par de nombreux élèves au printemps dernier. Dès à présent, anticiper de manière très opérationnelle un protocole sanitaire permettant un retour en classe sécurisé à partir du 3 mai doit être une priorité : il faudrait des jauges par classe, et non simplement par établissement, mais aussi assurer l’aération des salles. La restauration scolaire, qui voit les lycéens déjeuner sans masque et sans ventilation, demeure un angle mort.

Le groupe écologiste souhaite bien entendu que la Région Centre-Val de Loire prenne des mesures d’urgence liées à ce reconfinement qui ne dit pas son nom. Nous demandons en particulier :

  • le remboursement de leur prélèvement du mois d’avril aux abonnés du service régional de transport Rémi qui vont devoir rester chez eux pendant les quatre prochaines semaines ;
  • des subventions et non plus de simples aides remboursables pour soutenir les commerçants ;
  • que la Région prenne dès maintenant toute sa part à rendre possible une vraie saison culturelle et touristique ce été, en soutenant la tenue d’un maximum d’évènements en plein air.

Mais au-delà du mois d’avril, face à une crise qui s’éternise, il ne faut pas sous-estimer les dommages collatéraux et les conséquences psychologiques, sociales, sanitaires et économiques. Au-delà de la lutte contre le virus, il va falloir accroître l’action publique de soutien et d’accompagnement des personnes les plus fragiles, des femmes et des enfants pour qui le confinement est un calvaire familial, mais aussi faire ce qui est possible pour aider des pans entiers, non seulement de notre économie mais bien de notre vie, à ne pas sombrer. La solidarité doit être au centre de nos préoccupations.

Nous avions présenté au mois de juin dernier « 19 propositions pour une région écologique et résiliente ». Cette contribution du groupe écologiste avait vocation à apporter des réponses à la crise économique et sociale inédite que nous vivons. Certaines de nos propositions ont été reprises dans le « plan de relance » adopté par la Région Centre-Val de Loire en octobre et ont commencé à apparaître dans les documents budgétaires du Conseil régional, notamment des « contrats de (re)conversion » pour la transformation écologique des filières économiques et des entreprises, la relance d’un appel à projets « innovation sociale ». Mais il nous semble qu’il faut aller plus loin : nous mesurons aujourd’hui, au-delà de l’ampleur de la troisième vague à laquelle nous sommes confrontés, combien il est urgent d’engager les acteurs du Centre-Val de Loire dans la transformation écologique et sociale post-Covid.

Charles Fournier, porte-parole du groupe écologiste

Benoît Faucheux, président du groupe écologiste