« Plan de relance régional » : agir face à la crise sanitaire et sociale

Intervention de Sandrine Tricot

Monsieur le président, chers collègues, une crise économique sans précédent s’amorce. Elle est indissociable d’une crise sociale. Comme toujours, les plus démunis seront les plus exposés.

Vanessa Jérôme, politiste, docteure à la Sorbonne, nous encourage à « une exigence de cohérence entre la politique et la réalité ». C’est pourquoi notre plan régional doit être ambitieux, tant par ses idées que par les moyens mis à sa disposition, pour passer des paroles aux actes.

Le plan 100 % santé décliné depuis le mois de novembre 2019 est indéniablement une avancée significative. C’est pourquoi nous aurions pu espérer que les actions en direction de la santé et des questions sociales soient plus nombreuses dans ce plan de relance afin de venir en aide à notre système sanitaire percuté par la crise et qui met à mal nos professionnels de santé.

En ce jour de mobilisation nationale des soignants, permettez-moi de commencer cette intervention par attirer votre attention sur l’inégalité que créent les accords du « Ségur de la santé ». En effet, le secteur médico-technique, la fonction publique territoriale ou bien les prestataires d’aides et de soins au domicile sont exclus de la revalorisation salariale. Nous risquons de voir s’accroître les problématiques de recrutement sur cette filière déjà en grande difficulté. Y aurait-il plusieurs types de soignants ?

Dans ces circonstances, l’élargissement du GIP Pro Santé à des professionnels paramédicaux serait un signal fort envoyé aux professionnels de santé non médicaux.

Et même si le plan de relance contient nombre d’actions, nous aurions pu également accroître nos actions en poursuivant le travail déjà engagé sur la qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation, de notre logement car ils influent directement sur notre état de santé, sans distinction d’âge ou de sexe. Le plan d’actions sur les perturbateurs endocriniens et sont un levier de prévention indispensable aux pathologies chroniques.

Enfin, afin de limiter l’impact social de cette crise, plusieurs solutions peuvent encore être envisagées :

  • Le soutien et l’engagement de la Région auprès des territoires qui se portent candidat au dispositif « Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée ». Ce dispositif à destination des personnes les plus reculées de l’emploi doit permettre de limiter leur précarité. Nous y reviendrons ce soir à l’occasion d’un vœu initié par le groupe écologiste.
  • Ou encore la mise en place du revenu de transition écologique. Ce revenu monétaire est conditionné à la mise en œuvre d’une activité de transition écologique.

Dans le cadre du renforcement des inégalités an niveau des territoires et des groupes sociaux, les solidarités apparaissent plus que jamais comme un levier indispensable pour qu’aucun habitant de notre Région ne se retrouve exclu.

Nous l’avons compris. Ce plan représente certainement une première étape que nous devrons compléter, enrichir. Soyons inventif face à cette situation inédite car cela nous permettra d’être plus armé face aux autres crises qui s’amorcent.

Je vous remercie de votre attention.