« Plan de relance régional » : pour corriger les effets négatifs de la pandémie, il faut une vision

Intervention de Benoît Faucheux

Les plans de relance de l’Union européenne, de l’Etat et de la Région visent à corriger les effets négatifs de la pandémie. Pour relancer, il faut une vision !

Il ne s’agit pas d’accélérer d’un côté l’économie en détruisant l’environnement, voire le social, puis de corriger le tir, mais plutôt de trouver les voies d’un soutien à l’économie et à l’emploi, tout en accélérant la transition écologique et sociale.

La véritable punition serait de ne pas s’en occuper !

Pour cela le groupe écologiste a proposé dès le mois de juin 19 mesures pour surmonter la crise de la Covid-19. Plusieurs d’entre elles se concrétisent avec le plan de relance :

-L’Accompagnement des entreprises, avec un guichet unique de la transition écologique.

-Un nouvel outil : le contrat de conversion écologique, qui permettra de soutenir les projets des entreprises, projets qui devront obligatoirement comporter des avancées sur le plan écologique et social.

-Et pour compenser un manque sur lequel nous vous avons alerté à plusieurs reprises, c’est-à-dire le soutien aux acteurs de la culture, un appel à projets leur est destiné sur la transition écologique et résilience, pour lequel on doit aller beaucoup plus loin.

L’accord de Paris sur le climat et les différentes lois sur l’énergie et le climat de notre pays impliquent une diminution très forte de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre. Cela ne peut se faire sans une évolution très forte des principaux postes de consommation, au premier rang desquels le transport et la mobilité.

Supprimer les déplacements inutiles, stimuler le développement des modes doux que sont la marche à pied et le vélo, développer les transports collectifs pour remplacer l’auto en solo, tout cela concourt à la réduction du besoin d’automobile… Et puis il y a les énergies renouvelables, le méthane et les vecteurs comme l’électricité ou l’hydrogène qui peuvent les transporter, avec des technologies nouvelles, mûres ou pas encore.

Pour l’avion, c’est autre chose, car les prévisions de développement du secteur sont depuis longtemps excessivement optimistes et dans tous les cas incompatibles avec les objectifs en termes de gaz à effet de serre. Et l’avion vert, c’est-à-dire fonctionnant avec des énergies renouvelables, n’est pas encore au point.

Et en même temps que ces enjeux de fond la demande de transport aérien et l’achat d’automobile a fortement baissé.

Tout cela place les filières aéronautiques et automobiles au pied du mur.

La puissance publique doit accompagner ces nécessaires transformations.

Il est important d’assumer le diagnostic sur la diminution du besoin d’automobiles et d’avions et de partager une vision des transformations à effectuer. Il nous faut accompagner les évolutions des entreprises et de leurs salariés :

-diversification de l’activité vers d’autres secteurs d’activités proches mais plus porteurs,

-accompagnement de la montée en gamme qui permet de produire moins mais mieux et donc de dégager plus de valeur ajoutée et de maintenir l’emploi,

-développement d’outils de recherche et d’innovation et bien évidemment de formation.

En mettant en place ces outils (guichet et contrat de conversion écologique) la Région fait sa part et va, nous l’espérons, permettre de sauvegarder durablement des emplois. Mais nous regrettons que l’Etat manque de vision et soit encore trop collé à la sauvegarde de l’existant sans assez penser et accompagner la transformation de ces filières.