Plan Loire Grandeur Nature : pour des rivières vivantes, proches de leur état naturel

Intervention de Gérard Nicaud

Monsieur le Président, chers collègues,

Je voudrais d’abord rappeler que, pendant ce mandat, notre groupe a veillé à ce que la Région maintienne son engagement dans les démarches de transition écologique. En effet, ce n’est pas un réflexe naturel de l’ensemble des membres de notre assemblée. J’oublie volontairement les quolibets qui nous furent adressés lorsque nous défendions ce combat. Car il s’agit bien d’un combat. Quoique certains en pensent. On le voit bien avec ce qui se passe depuis un an.

Et je lisais hier, que des chercheurs du CHU de Tours « viennent de prouver le lien entre pesticides et leucémie » (étude publiée dans la revue Scientific Reports). Le choix réalisé aussi par des agriculteurs qui transforment leurs modes d’exploitation et basculent en agriculture biologique. Alors, comment peut-on encore douter de ce combat, de son intérêt pour notre planète ?

Je voudrais dire ici toute la reconnaissance que doit avoir notre assemblée à notre collègue Michèle Rivet, qui inlassablement, avec opiniâtreté, défend la biodiversité et l’agriculture paysanne. Son travail aussi sur l’eau en tant que représentante de la Région à l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne. C’est à ce titre qu’elle-même et les membres de notre groupe dans nos représentations avons défendu la qualité de nos cours d’eau.

On voit d’année en année les gros problèmes engendrés par l’évolution climatique et les usages que nous faisons de ce bien. Nous défendons la continuité écologique de nos cours d’eau car y renoncer aurait des impacts forts sur leur qualité et leur quantité. Nous le savons tous, plus la circulation de l’eau est fragmentée, segmentée, plus l’état écologique des cours d’eau est en mauvaise santé. On peut noter une augmentation de la température de l’eau et de l’évaporation avec effet sur le débit, une augmentation de la sédimentation, une diminution de l’oxygénation avec effet sur l’auto-épuration et un effet sur la circulation des espèces (poissons notamment). La stratégie de l’agence, soutenue par notre collectivité, qui vise à restaurer la continuité écologique doit permettre de retrouver nos rivières vivantes et dynamiques, proche de leur état naturel. 

Alors, Monsieur le président, comment comprendre votre présence récente auprès de membres de l’association Force Hydro Centre, dès lors que ces derniers mettent en cause le rôle de « l’administration » et de ses représentants. Dans des termes d’ailleurs peu élogieux ! Vos propos d’ailleurs pourraient laisser penser que vous interviendriez auprès du préfet. Surprenant… Laisser penser que votre intervention pourrait modifier les décisions de l’État, c’est remettre en cause le travail et les démarches de ses agents et aussi mettre à mal les positions que nous prenons dans nos représentations.

Ce combat pour l’amélioration écologique de nos cours d’eau doit être l’engagement de toutes et tous.