Plan vélo régional

Intervention d’Alix Téry-Verbe

Nous allons voter un rapport très attendu, qui aurait mérité d’arriver plus tôt dans la mandature, avec des engagements qu’en tant qu’écologistes nous aurions souhaité plus forts et plus précis, notamment sur l’intermodalité et sur les aménagements de véloroutes, ainsi que sur la sécurisation des pistes cyclables. Car l’aide à l’achat n’est pas la priorité pour les cyclistes. La priorité, c’est la sécurité de la pratique !

Le travail de coconstruction avec les autres collectivités, dont certaines sont très engagées dans la proposition d’aménagements pour favoriser les transports doux, devra se faire sans attendre pour proposer des voies sans discontinuité entre les différents territoires.

Il ne faudra pas omettre d’associer les nombreux collectifs et associations de cyclistes, dont l’expertise sur les territoires permettra d’éviter les écueils d’aménagements parfois inutilisables du fait de la méconnaissance du terrain du point de vue du cycliste !

Nous souhaitons insister sur le fait que c’est un plan vélo et que le vélo est un moyen de déplacement qui permet d’associer un effort physique bénéfique pour la santé. Même le vélo avec une assistance électrique engendre un effort, plus léger certes, mais qui permet à des personnes ayant une résistance physique plus faible de pouvoir malgré tout le pratiquer, ou qui permet également d’effectuer des trajets au-delà de 10 kilomètres qu’on hésiterait à entreprendre dans un déplacement quotidien.

Ce n’est pas le cas de la trottinette électrique qui a fait une apparition massive ces dernières années. Cette arrivée massive a fait l’objet de plusieurs études qui nous permettent aujourd’hui d’avoir un regard plus éclairé sur ce nouveau mode de transport. Plus de la moitié de l’empreinte carbone des trottinettes électriques provient de leur fabrication. C’est le même ordre de grandeur proportionnellement que pour la voiture !

Par ailleurs, ces nouveaux engins ont créé des conflits entre usagers de l’espace public, devenant l’objet de nombreuses critiques dont le caractère accidentogènes qui s’ajoute à une durée de vie beaucoup plus faible que les vélos électriques. En effet, l’approche en cycle de vie est également importante pour bien évaluer l’impact environnemental, sachant que la plupart des évaluations relatives à la mobilité sont restreintes aux effets de la consommation énergétique des véhicules. Or une part importante de l’impact environnemental peut provenir de la fabrication, de l’entretien et de la fin de vie des véhicules.

De plus, les trottinettes se substituent davantage aux piétons, aux vélos et aux transports en commun qu’aux voitures. Les trottinettes électriques ont perturbé des schémas de mobilité urbaine relativement stables, mais pas forcément en diminuant la part de la voiture individuelle comme on aurait pu l’espérer. La problématique de la trottinette reste particulièrement importante dans le cadre de la trottinette partagée en libre-service. Mais le questionnement sur l’intérêt de la multiplication des trottinettes électriques individuelles reste présent.

C’est pourquoi nous ne sommes pas convaincus par l’intérêt de financer leur achat.

Il n’est pas ici question d’être contre la trottinette électrique ou de l’interdire, mais ce mode de déplacement a montré quelques limites dans différents aspects qui étaient au début montrés comme providentiels et qui méritent aujourd’hui qu’on se pose la question de l’utilité de financer son développement.