Portrait Gilles Deguet

Plan régional de mobilisation pour l’emploi et transition énergétique

Intervention de Gilles Deguet

 

Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, mes chers collègues. Sept mois après le lancement de notre plan de mobilisation pour l’emploi, nous nous proposons de faire le point sur l’avancement des 20 mesures qu’il comporte. Il y a là une volonté d’évaluation que je tiens à saluer en tant que vice-président chargé de l’Agenda 21, parlant au nom du groupe des écologistes.

 

Je l’avais dit en février, le rôle d’une collectivité comme la nôtre, est certes de répondre aux situations de crise, et nous sommes parfaitement partie prenante de toutes les mesures d’urgence du plan, particulièrement de tout ce qui tourne autour de la sécurisation des parcours professionnels à laquelle sont attachés  les syndicats de travailleurs. Mais son rôle est aussi de dégager les solutions de l’avenir.

 

Nous ne pensons pas que la crise que nous traversons soit conjoncturelle, nous ne croyons pas aux frémissements annonciateurs d’un retour à la normale qui serait une croissance indéfinie. Nous pensons que la crise est une crise de système global qui appelle un changement de nos modes de production, de consommation, de nos modes de vie. Ce qu’il nous faut initier, ce sont des transitions profondes et rapides de notre société, transition énergétique, transition écologique, transition démocratique. L’emploi de demain devra beaucoup à ces transitions.

 

Une étude du Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement montre qu’un million d’euros de dépenses pour les ménages en facture de gaz ou en pétrole rémunère en moyenne 3 travailleurs en France et contribue à notre endettement, alors que le même million d’euros de dépenses pour les ménages dans les travaux de rénovation thermique et de production d’énergies renouvelables rémunère en moyenne 13 travailleurs en France. Et j’ajoute que ce qui crée de l’emploi ce sont certes des investissements, mais pas seulement. Nous investissons dans l’avenir, mais cette notion recouvre de moins en moins ce que nous appelons investissement par habitude administrative.

 

 La transition énergétique a fait l’objet, vous le savez d’un large débat, dans lequel notre Région a pris toute sa place.

 

Nous écologistes, nous nous félicitons que le Président de la République ait fait sienne une des conclusions de ce débat : le facteur 2 sur  consommations d’énergie, en d’autres termes la nécessité de diviser par deux nos consommations d’énergie d’ici 2050. Nous nous félicitons également du premier signal positif donné sur la TVA, avec la réduction à 5 % pour les travaux de rénovation énergétique. Certains d’entre vous se rappelleront peut être que je l’avais réclamé ici même il y a 7 mois.

 

Notre plan comportait plusieurs mesures constitutives de la transition énergétique. Je ne répéterai pas les éléments d’évaluation figurant dans la communication, je me contenterai d’ apporter quelques éclairages sur deux d’entre elles. Jean-Philippe interviendra sur la mesure 7 de rénovation des lycées.

 

La mesure 2 porte sur le dispositif Prévéo, avec le soutien de la  Banque Européenne d’Investissement (BEI). Nos partenaires ont été dans un premier temps plus sensibles aux projets d’énergie renouvelable, mais nous nous félicitons d’avoir pu rééquilibrer le dispositif vers les économies d’énergie dans la droite ligne du facteur 2 annoncé par le Président de la République.

 

La mesure 8 porte sur le programme de rénovation thermique de 1800 logements sociaux en BBC. Tous les programmes sont lancés, certains sont en voie d’achèvement. Nous avons rencontré des difficultés, en particulier sur les programmes les plus importants, portant sur la définition, pour l’Union Européenne des organismes HLM comme services d’Interet général. Ces difficultés sont aujourd’hui levées.

 

Il reste que les orientations tracées doivent trouver d’autres traductions notamment dans le prochain budget de notre pays.

 

La création d’un fonds pour la rénovation est absolument nécessaire, qui puisse mobiliser à la fois les ressources de la fiscalité écologique et les fonds des marchés à long terme, et qui puisse compter sur les sommes placées sur les livrets A et les livrets LDD.

 

Un autre volet de la transition écologique est l’économie circulaire. Une table ronde de la récente conférence nationale environnementale lui a été consacrée. J’avais dit dans cet hémicycle, en présentant notre Plan Climat Energie puis le Schéma Régional Climat Air Energie, que nous étions dorénavant affrontés à l’épuisement de toutes les ressources naturelles que notre modèle de développement prélevait sans compter pour les transformer irrémédiablement en déchets.

 

C’est ce modèle qu’il s’agit de renverser. Transformer des ressources en déchets n’est désormais plus supportable. Ce que nous appelions déchets doit être maintenant considéré comme les principales ressources qu’il faudra utiliser à l’avenir. C’est le principe de l’économie circulaire: zéro déchets, toutes les ressources sont réutilisées dans un cycle vertueux. Ce principe est déjà a l’œuvre dans certains des projets d’innovation des mesures 4 et 5. Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, nous nous félicitons que la réflexion se poursuive à la Région sur cette question de l’économie circulaire.

 

Mes chers collègues, vous le voyez, la stratégie que les écologistes portent pour la Région n’est pas seulement une stratégie de résistance. Elle ouvre les voies de l’avenir, et l’avenir c’est la transition écologique !

 

Session du 26 Septembre 2013
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Communication : Plan de mobilisation pour l’emploi