Politique régionale de santé : enjeux territoriaux

Intervention de Michelle Rivet

 

Je voudrais insister sur la  situation très délicate que connaissent les secteurs ruraux de notre Région. Ainsi le sud du Cher et de l’Indre conjuguent le déficit en termes de personnel de santé et de médecins et un vieillissement de la population qui en accentue le besoin. Les enquêtes menées par l’ARS y montrent des conséquences mesurables en termes de morbidité et même de mortalité, ce qui est inacceptable.

La difficulté d’accès aux soins et en particulier aux soins spécialisés entraîne des inégalités plus grandes encore entre les populations, au détriment des plus démunies. Les conséquences en sont difficilement mesurables sur le long terme, en particulier sur le suivi de la santé des enfants des familles les plus pauvres. Alors que l’Agence Régionale de Santé lance la démarche d’élaboration du Projet Régional de Santé 2 (PRS 2), qui entrera en vigueur début 2018, il va falloir se mobiliser en 2017 pour obtenir des moyens afin de corriger cette situation.

La responsabilité de l’Etat est écrasante sur le domaine de la santé, mais il faut saluer le volontarisme de notre Région pour mettre en place des Maisons de Santé Pluridisciplinaires (MSP) qui sont une réponse partielle aux problèmes rencontrés, qui permettent au moins de stabiliser la situation…

Les problématiques de santé et d’accès aux soins ont été systématiquement abordées lors de l’élaboration des documents « Ambition 2020 » à l’échelle des bassins de vie. On peut parler de mobilisation tous azimuts de notre territoire : les élus locaux d’un certain nombre de pays ont intégré un Projet Local de Santé (PLS) ou un Contrat Local de Santé dans leur contrat avec la Région, des initiatives « ID en Campagne » ont été déposées sur ces problématiques par des habitants professionnels de santé ou non et très logiquement, notre collectivité a inscrit les projets de santé dans le FEADER.

Le projet d’une MSP ou de tout autre équipement d’exercice en commun ne peut pas, en effet, être une démarche descendante ni même reposer sur la seule volonté des élus locaux : la clé de la réussite est l’engagement de professionnels de santé. Cette nouvelle manière d’exercer correspond à la demande des nouvelles générations de médecins. Cependant dans des secteurs carencés comme le sud du Cher, trouver une équipe de professionnels susceptible de porter un projet reste problématique.

La question de l’attractivité des zones rurales de la Région fait donc partie de l’équation à résoudre : la qualité de vie, l’environnement naturel, la tranquillité ne peuvent compenser l’absence de certains services et l’éloignement de la vie culturelle des grandes villes pour ceux qui pourraient choisir notre territoire.  Si les territoires ruraux de notre Région ont des atouts à valoriser encore faut-il que les élus locaux se persuadent de leur importance et de l’importance de dynamiques locales fortes. Je pense en particulier à l’action culturelle et à ce qu’apportent par exemple les Bains Douches ou l’abbaye de Noirlac pour l’image et l’attractivité du sud Berry.

C’est en tout cas un faisceau de propositions et la mobilisation des habitants, des élus et des professionnels, qui peut permettre aux territoires les plus carencés de trouver des solutions. Et je salue l’engagement de notre collectivité à leur côté.