Politique régionale de soutien aux aéroports : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Ce matin, lors de la dernière commission permanente de la mandature 2015-2021 au Conseil régional Centre-Val de Loire, le groupe écologiste a voté contre deux délibérations concernant les aéroports de Châteauroux et de Tours.

A Châteauroux, nous nous sommes opposés à la contribution annuelle de financement des investissements 2021. Ce qui nous pose problème dans cette subvention de 400 000 € à l’EPIC régional « Aéroport Châteauroux Centre », ce n’est ni son montant, ni ce qui figure dans le programme d’investissement 2021 de cet aéroport où la Région assume les charges du propriétaire (travaux sur les bâtiments existants, aires de manœuvre, aires de trafic remplacement de matériel), mais ce qui n’y figure toujours pas.

Cela fait en effet de longues années que les écologistes exigent la réalisation d’un bassin de rétention, afin de protéger les captages d’eau potable de Châteauroux et Déols en cas de déversement sur la piste de l’aéroport. Ces travaux, réclamés par l’Autorité environnementale depuis un quart de siècle, sont systématiquement reportés car considérés comme trop onéreux. Estimé à 2,5 millions d’euros, leur coût est pourtant sans commune mesure avec les 22 millions d’euros que la Région a su trouver pour réaliser le hangar géant…

Concernant l’aéroport de Tours, notre groupe a aussi exprimé un vote défavorable sur un rapport mêlant plusieurs décisions distinctes :

  • La contribution statutaire 2021 de la Région au Syndicat mixte de l’aéroport (SMADAIT) : 893 129 € dont plus de la moitié (574 061 €) sont destinés à financer la « contribution marketing » à la compagnie low cost Ryanair. A noter que le montant de cette contribution est corrélé à un nombre de vols prévisionnels qui est loin d’avoir été respecté au premier semestre 2021 en raison de la crise sanitaire. Depuis plus d’un an, Ryanair a en effet continué à être financée par de l’argent des collectivités alors que ses avions étaient cloués à terre !
  • Le report des remboursements du Syndicat mixte à la Région suite à l’arrêt des versements qui lui étaient dus par la CCI de Touraine. A ce jour, 544 893 € sont dus par le SMADAIT à la Région et la dernière échéance du remboursement est désormais fixée à décembre 2026…
  • Et enfin une convention pour le financement de travaux d’aménagement et d’entretien sur les infrastructures existantes de l’aéroport, à hauteur de 3 millions d’euros (dont 2 millions versés dès 2021) à ces travaux, sur un total de 9 millions d’euros (la Métropole et le Département participant eux aussi à hauteur de 3 millions chacun). Il faut rappeler que ces besoins de financement sont la conséquence du prochain départ de l’école de l’air (prévu en juillet 2021), ce qui induit le transfert d’environ 200 hectares et, nous dit-on, nécessite d’anticiper la réalisation de travaux en vue d’assurer la certification européenne de la plateforme aéroportuaire de Tours.  Le groupe écologiste considère que ce n’est pas aux collectivités de compenser le désengagement de l’Etat ! Les autres groupes politiques, en revanche, n’y ont vu aucun problème… Mais au-delà, notre vote négatif est aussi justifié par le fait qu’on demande à la Région un chèque en blanc de 3 millions d’euros (pour l’instant ?) sans qu’une stratégie ait été définie.

Dans le cadre de la campagne régionale en cours, certains candidats demandent que soit élaborée une « stratégie régionale aéroportuaire ». Au risque de surprendre, le groupe écologiste pourrait y être favorable… à condition bien sûr que l’objectif ne soit pas d’accroître le trafic aérien (ni d’augmenter le trafic des aéroports régionaux en concurrençant les aéroports franciliens), mais bien de le réguler et de rendre cohérentes les diverses interventions de la Région dans les aéroports avec ses engagements pour le climat. Ce serait d’ailleurs l’occasion pour notre Région de reprendre à son compte les propositions faites par les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat relatives au transport aérien, notamment :

  • organiser progressivement la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs d’ici 2025 sur les lignes où il existe une alternative ferroviaire ;  
  • interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension des aéroports existants.

Les élu-e-s du groupe écologiste au Conseil régional