Portrait Michelle Rivet

Politique régionale du logement social : les territoires ruraux

Intervention de Michelle Rivet

Je veux tout d’abord saluer la qualité et l’exhaustivité de cette communication sur un sujet majeur pour nos concitoyens. J’évoquerai plus particulièrement la question du logement social dans les territoires ruraux.

Comme l’indique la communication, les politiques régionales ont permis depuis longtemps de promouvoir l’habitat social et de le faire évoluer, notamment grâce à la politique « Cœur de Village » à laquelle je porte la plus grande attention, mais aussi par d’autres mesures telle que l’adaptation des logements pour les personnes âgées et handicapées. 

La stratégie proposée dans la communication s’appuie sur trois piliers : urbanisme durable, efficacité énergétique et cohésion sociale. Je veux souligner sa pertinence dans les territoires ruraux.

En effet sur ces territoires comme ailleurs il n’est plus possible de gaspiller les terres agricoles pour les artificialiser. L’étalement urbain se traduit par des constructions linéaires le long des routes et des lotissements excentrés qui ont profondément transformé les villages et les ont souvent déséquilibrés.
Promouvoir un urbanisme durable en milieu rural c’est aussi faire évoluer l’habitat en fonction des nouveaux modes de vie, de la composition familiale qui y a évolué et bien évidemment travailler aux critères de durabilité de cet habitat.

En effet les enjeux en terme de durabilité, cela a été dit, sont fondamentaux pour la planète et les économies d’énergie générées sont très importantes pour les habitants. Tous les maires ruraux connaissent les difficultés de nombre de leurs concitoyens en la matière.

De fait, une frange non négligeable des populations les plus pauvres a été amenée à s’éloigner de plus en plus des centres ville pour se retrouver en milieu rural où l’habitat est moins coûteux. Mais où les problèmes de mobilité s’ajoutent à ceux de précarité énergétique.
Ces nouveaux habitants n’ont souvent pas la pratique de l’utilisation du chauffage au bois par exemple et sont plus encore que les autres habitants ruraux confrontés au poids du chauffage électrique hivernal.
Il importe donc de ne pas laisser les élus ruraux démunis face aux problèmes de ces populations.
La question de la cohésion sociale y est donc bien fondamentale d’autant que l’isolement est un facteur supplémentaire d’exclusion pour les populations les plus fragiles que j’ai évoquées, mais aussi les personnes âgées dont le nombre est appelé à augmenter.

Il faut également prendre en compte les besoins de ceux qui ont choisi ou souhaitent vivre en milieu rural et y mener leur activité. Il faudra dans les années à venir résoudre la contradiction entre leur envie de tranquillité, de proximité de la nature, et la nécessité de densifier l’habitat.

C’est pourquoi à la lumière des besoins en termes de durabilité comme en termes de cohésion sociale il faut prendre en compte les contraintes spécifiques des territoires ruraux pour repenser l’urbanisme dans les bourgs et villages de notre région.
L’habitat constitue en effet un des enjeux forts pour réussir la revitalisation de ces territoires. 

 

Session du 15 Décembre 2011
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Communication : vers une politique régional de logement social