Politique régionale en faveur de la jeunesse – l’importance de l’accès à la culture

Intervention de Sabrina Hamadi

La présentation de ce rapport jeunesse est pour moi l’occasion de souligner l’importance de l’accès à la culture pour l’émancipation. On ne le dira jamais assez : l’épanouissement et l’accomplissement personnel passent par la capacité d’une personne à sortir de son milieu social et culturel pour découvrir « le monde » qui l’entoure, découvrir qu’il est divers, qu’il y a des gens qui ne se ressemblent pas, qui ne croient pas la même chose, qui ne s’intéressent pas aux mêmes choses et qui n’ont pas les mêmes objectifs de vie. Avoir accès à la culture, c’est se donner une chance d’être en capacité d’appréhender cette diversité pour vivre ensemble dans la tolérance et le respect d’autrui, sans préjugés, sans stigmatisation, sans peur de l’autre.

C’est la raison pour laquelle la Région accorde une grande importance à l’accès à la culture.

Le premier dispositif qui me vient à l’esprit, c’est « Aux arts, lycéens et apprentis ! ». Ce dispositif d’éveil à la pratique artistique et à la culture représente plus ou moins 150 projets par an, accompagnés des artistes et/ou des acteurs culturels locaux. Acquisition du savoir et pratiques créatives sont deux mouvements indispensables à l’accomplissement individuel et collectif.

Plus récemment, nous avons créé Yep’s, un dispositif numérique qui est aussi un moyen d’accès à l’offre culturelle par la facilitation de l’accès à l’information. Il s’agit de repérer et de proposer à chaque jeune des « bons plans » à côté de chez soi, que ce soit des spectacles, du cinéma ou des sorties nature et/ou dans lieux culturels. Je pense au Pass annuel  donnant accès au FRAC, à l’abbaye de Noirlac, à Chaumont et d’autres encore…

En plus des dispositifs et outils numériques, la Région a souhaité réaffirmer son soutien en faveur des acteurs de l’éducation populaire. Le mouvement d’éducation populaire porte l’idée que toute personne, pour s’accomplir, doit pouvoir développer les capacités à vivre ensemble, à confronter ses idées, à partager une vie de groupe, à s’exprimer en public, à écouter. On retrouve là les bases d’une culture civique, pour participer pleinement à la vie démocratique et être en capacité de s’adapter à un « monde » en perpétuel mouvement.

Les acteurs associatifs – particulièrement ceux qui participent à la mise en œuvre des politiques publiques – souhaitaient de longue date une plus grande visibilité en matière de financement, notamment par des contractualisations pluriannuelles. Il est important que les acteurs de terrain puissent travailler sereinement à leur mission, sans se soucier tous les ans du financement de leur action. C’est précisément ce que propose ce rapport, à savoir soutenir les acteurs associatifs de la jeunesse du territoire (CRAJEP, CRIJ, …) au travers de conventions d’objectifs et de moyens pluriannuelles.

Président, chers collègues, vous l’aurez compris : je souhaite affirmer qu’avoir accès à la culture est un moyen d’échapper à sa condition et d’échapper aux conditionnements. Etre conscient de la société dans laquelle on vit et être en mesure d’exercer un sens critique sont deux dimensions nécessaires pour relever le défi de l’autonomie. J’ai l’intime conviction que notre génération et les générations futures ne relèveront pas le défi climatique sans être en capacité de remettre en cause la société de consommation excessive dans laquelle nous vivons, le modèle développement économique extrêmement consommateur de ressources et émetteur de CO2.