Politique sportive régionale

Intervention de Sabrina Hamadi

La présentation de ce rapport nous donne l’occasion de rappeler que les activités physiques et sportives ont d’abord pour finalité de contribuer au bien-être des individus et au lien social.  Qu’il s’agisse d’une pratique occasionnelle, seul, en famille ou entre amis, d’une adhésion au sein d’un club pour participer à des compétitions, d’une activité éducative… Le sport occupe une place essentielle dans la vie des habitants de la région Centre-Val de Loire. Il y a 640 000 licenciés en région, nous dit le rapport, mais ce sont en fait près d’un million d’entre nous qui pratiquent une activité sportive hebdomadaire.

Le sport influence nos vies, nos comportements, notre économie, nos relations sociales. Il façonne nos identités, il participe à notre bien-être, à notre santé. Il peut être un formidable vecteur éducatif et de convivialité, de cohésion sociale et de développement économique, mais avec des résultats difficiles à évaluer.

Mais le sport est aussi traversé par des logiques contradictoires. Et si nous revenons aux valeurs même du sport, il encourage la coopération au sein d’une même équipe, mais il crée la compétition face à l’adversaire. Et nous pourrions parler de certains supporters sur les terrains (exemples : Montlouis / Vierzon), ou encore de certaines familles qui ont des attitudes qui sont en contradiction même avec les valeurs du sport. Le sport c’est comme le miroir de notre société.

Force est de constater que les valeurs du sport ne sont pas toujours respectées et que nous arrivons à certaines dérives dans les discours, les attitudes, la corruption, l’inégalité entre les genres. Le sport est tolérant pour son ouverture à chacune et à chacun sans discrimination de religion, de culture ou classe, mais en même temps il organise la séparation des femmes et des hommes. Je ne peux faire que le rapprochement avec le rapport égalité qui a été présenté il y a peu…

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à faire du sport ou adhérer à un club ou une association sportive. Entre 2008 et 2014, le nombre de licences des femmes augmenté de 16,5 %. C’est le fruit d’une volonté politique depuis 2012 de féminiser le sport, notamment en imposant aux fédérations comptant au moins 25 % de femmes parmi les licenciés de nommer 40 % de femmes dans leurs instances dirigeantes et aux fédérations ayant entre 0 et 25 % de femmes parmi les licenciés d’investir au moins 25 % de femmes dirigeantes.

Mais force est de constater que, malgré ces initiatives, des retards sont pris dans les instances dirigeantes.  Sur les 117 fédérations sportives françaises, elles ne comptent que 12 directrices techniques nationales. On observe également que rares sont les femmes qui font du sport de haut niveau et qui perçoivent un salaire pour exercer leur passion comme les hommes. On a souligné la performance du Quinze de France féminin qui en 2017 a terminé troisième de la coupe du monde de rugby, mais on a moins souligné que  contrairement à leurs homologues masculins, les joueuses ne sont pas rémunérées pour s’entraîner et participer à des compétitions.

Les sportives de haut niveau doivent la plupart du temps mener de front leur activité professionnelle et leurs pratiques sportives et ne peuvent pas vivre de leur passion comme les hommes.

Mais nous pourrions avoir cette même réflexion également concernant le sport handicap, car il n’est pas facile de pratiquer un sport quand l’accessibilité et l’accompagnement dans les piscines ou les  salles de sport sont inexistants…

Pourtant, être une femme ou être en situation de handicap n’empêche pas d’être un bon ambassadeur pour le sport.
Les écologistes sont plus intéressés par les initiatives locales porteuses de sens que par les opérations de prestige de communication. Autrement dit, nous n’envisageons pas le sport sous un angle élitiste et promotionnel. C’est pourquoi,  s’agissant du soutien apporté par la Région aux clubs professionnels, nous votons les subventions liées aux missions d’intérêt général mais pas les achats de prestations de services.

J’en viens à présent aux décisions proposées dans ce rapport :
Sur l’adoption du nouveau cadre d’intervention de la Région pour le développement des ligues régionales ainsi que les conventions types, notre groupe approuve cette nouvelle génération de convention pluriannuelle 2018-2021. Nous sommes plus particulièrement attachés aux actions conduites sur les axes « développement et structuration » et « développement des compétences » et aux appels à projets conduits autour du développement de la pratique féminine et du handicap et du développement durable

Concernant la mise en œuvre du plan piscine régional : notre groupe partage la volonté de la Région de permettre aux jeunes d’apprendre à nager en ayant accès à un équipement d’apprentissage de natation à moins de 20 minutes de trajet.

  • Soulignons quand même que l’engagement régional en la matière est déjà très important puisque ce sont une quarantaine de ces équipements qui sont actuellement identifiés dans les CRST et qui doivent voir le jour dans les années à venir.  Une fiche référence existe d’ailleurs dans le règlement des CRST, qui conditionne l’intervention financière de la Région (à hauteur de 30 %) à des exigences énergétiques (car nous parlons là d’équipements énergivores), à des exigences sociales ou encore à des exigences en matière de mixité d’usage.
  • Nous attirons quand même votre attention sur la possibilité d’opter pour des piscines naturelles comme cela été fait à Mont-Près-Chambord. Les piscines conventionnelles ou un impact environnemental non négligeable alors que les piscines naturelles sont moins gourmandes en énergie et qu’elles n’utilisent pas de chlore nocif pour l’environnement. De plus, la piscine publique naturelle est deux fois moins coûteuse à la construction. Le peu d’entretien nécessaire au fonctionnement du bassin par la suite et l’interruption des pompes durant la saison morte participent à une réduction importante des frais de fonctionnement.

Concernant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024.

  • Comme vous le savez nous n’avons pas soutenu la candidature de Paris et ensuite nous n’avons pas voulu laisser croire à nos concitoyens que des épreuves pourraient avoir lieu sur le territoire régional, alors que certains ont laissé entendre que la natation pourrait avoir lieu à Chartres, que le cyclisme sur piste pourrait avoir lieu à Bourges, que le tir pourrait avoir lieu à Châteauroux ou encore que l’équitation pourrait avoir lieu à Lamotte-Beuvron.
  • Aujourd’hui, sans participer à l’emballement général sur ces Jeux Olympiques, le groupe écologiste salue un certain retour sur Terre puisque l’objectif est désormais de labelliser des équipements sportifs existants sur notre territoire régional en tant que « camps d’entraînement et de préparation olympique ». Cela semble plus réaliste et n’entraîne pas spécialement d’objection de notre part.

Je voudrai terminer par affirmer le désaccord de notre groupe avec l’orientation gouvernementale, consistant dans le cadre du processus « Action publique 2022 », à réduire drastiquement l’enveloppe budgétaire du ministère des Sports et à supprimer le financement par l’Etat des postes de cadres techniques pour les laisser à la charge des Fédérations.

Nous sommes donc solidaires de la mobilisation du mouvement sportif sur ce sujet. Et nous savons que le mouvement sportif n’est pas dupe devant le double discours du groupe Rassemblement National, qui relaie aujourd’hui la pétition du CNOSF mais qui par ailleurs conteste depuis des années le dispositif régional Cap Asso auquel le mouvement sportif a largement recours !