Pour une autre politique migratoire !

La France et l’Europe sont confrontées à l’un des plus grands mouvements migratoires depuis la deuxième guerre mondiale. Bien qu’il ne représente qu’une minorité de l’ensemble des migrations à l’échelle planétaire, il n’en reste pas moins un défi qui peine à être relevé.

Venus d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie mineure, des populations fuyant la guerre ou les persécutions frappent aux portes de l’Europe pour demander l’Asile. S’y ajoutent les mal-nommés « migrants économiques », ces adolescents, jeunes adultes, femmes ou hommes, qui quittent leur pays, aux prix de grandes souffrances, pour, soit fuir la misère sociale, l’autoritarisme politique et la désespérance économique, soit réussir à faire vivre des familles ou des communautés villageoises démunies. De surcroît, la crise climatique pousse, chaque année, pas moins de 26 millions de personnes sur les routes de l’exode, soulevant ainsi l’enjeu de l’habitabilité de zones de plus en plus nombreuses de notre planète.

Confrontée à des chefs d’Etat frileux ou réactionnaires, enfermée dans son règlement de Dublin, l’Europe peine à s’unir pour accueillir équitablement et dignement ces populations. La France, quant à elle, ne parvient pas à dépasser les peurs fantasmées et alimentées par quelques-uns, s’empêchant ainsi de mettre en place une politique migratoire digne d’un pays qui a en héritage la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Face à cette situation indigne, l’espoir vient des citoyens, des associations, de certains élus locaux qui, ayant pris conscience de cet état d’urgence, se mobilisent solidairement et silencieusement. Ils agissent en installant des campements humanitaires comme à Grande-Synthe, en assumant le rôle de l’Etat en matière d’accueil et d’hébergement, en œuvrant dans l’action sociale avec des moyens réduits.

Le 16 décembre, sept maires de grandes villes de France dont Alain Juppé, Martine Aubry ou encore Eric Piolle ont sonné  l‘alerte dans une tribune, demandant à l’Etat de prendre ses responsabilités et réclamant « un véritable plan d’accueil des migrants, qui réponde à leurs droits fondamentaux ».

En cette Journée internationale des migrants, les associations qui œuvrent en faveur des personnes migrantes, réunies en collectif, se mobilisent en lançant les « Etats généraux des migrations ».  Elles entendent faire des propositions alternatives aux politiques mises en œuvre aujourd’hui ou à celles qui se profilent et demandent de penser une autre politique migratoire.

Le groupe des élus écologistes du Conseil régional Centre-Val de Loire est solidaire de cette initiative pour construire des solutions d’accueil dignes et soutient le travail des citoyens qui agissent pour les plus vulnérables. Ne pas vouloir accueillir, penser des politiques toujours plus répressives est un non-sens, loin de nos idéaux et de l’intérêt général. Notre avenir se joue dans l’interdépendance, la question n’est plus seulement là-bas, elle est ici aussi.

Les élus du groupe écologiste au Conseil régional