Pour une sobriété des usages numériques

Intervention de Christelle de Crémiers

 

Les enjeux environnementaux oubliés

Les documents numériques ne sont pas immatériels : il sont créés sur des ordinateurs, stockés sur des disques durs, lus depuis d’autres outils connectés par un réseau. L’arrivée de la dématérialisation dans nos quotidiens génère des problèmes environnementaux mésestimés :

les usages numériques, les messageries électroniques et les objets connectés consomment beaucoup d’énergie et génèrent des gaz à effet de serre ;

-l’exploitation non durable des ressources nécessaires au fonctionnement du numérique : la fabrication des matériels informatiques s’appuie sur des matières premières (minerai, pétrole, etc.) et génère des pollutions et des dégâts humains ; L’économie du recyclage ouvre des perspectives de recherche et de développement économique ;

-un manque de solutions de recyclage : la mise au rebut des équipements pose un problème de gestion des substances ou composants dangereux qu’ils contiennent (DEEE) ;

 

L’exposition permanente aux ondes : les enjeux de santé publique

Le risque d’exposition aux ondes électromagnétiques réside dans son effet multiplicateur (lié l’augmentation des objets connectés du quotidien). Il concerne de nos jours toutes les entreprises et administrations. L’utilisation toujours plus importante de systèmes de communication sans fil génère au sein des entreprises un véritable brouillard d’ondes électromagnétiques Hautes Fréquences qui exposent les travailleurs à des risques sanitaires. La généralisation du wifi participe de ce phénomène d’exposition, tant dans l’entreprise et les administrations que dans les écoles et autres lieux de formation.

 

Le numérique sous le signe de la sobriété énergétique et du recyclage

Allier numérique et transition énergétique s’inscrit dans l’idée d’un dépassement de l’utilisation des énergies carbonée ou nucléaire pour aller vers une production électrique issue des renouvelables, en s’appuyant sur une production décentralisée, des bâtiments producteurs d’énergie, un système de stockage d’énergie, des transports individuels propres. Toutefois le numérique reste un outil dont le développement doit être optimisé dans une recherche de sobriété, en intégrant fortement deux dimensions primordiales : la protection/sécurisation des données et la sobriété énergétique de son infrastructure comme de ses usages.

 

Le groupe écologiste propose donc :

-d’intégrer le développement numérique lié à la transition écologique à la régionalisation du scénario négaWatt, lequel repose sur la sobriété tant du point de vue de la consommation que de celle de l’utilisation de techniques recherchant la plus faible empreinte environnementale possible ;

-de développer des projets de recherche et des applications visant à limiter les impacts environnementaux et sociaux liés au numérique, à la chaîne de fabrication, au recyclage des déchets électroniques, aux usages ;

-d’engager une réflexion sur une stratégie de sobriété de l’architecture numérique en région Centre-Val de Loire : relocaliser les flux d’information à l’échelle des maisons, des quartiers, des villes ; rapprocher les lieux de production de données, les lieux de stockage et les lieux de distribution ;  aller vers des réseaux autoalimentés et autonomes en énergie ;

-de nous inscrire dans une stratégie de recyclage du matériel informatique obsolète en cohérence avec les exigences fixées dans le futur plan régional de prévention et de gestion des déchets.