Portrait Charles Fournier

Préparation de la carte des formations à la rentrée 2016

Intervention de Charles Fournier

 

Monsieur le président, chers collègues, c’est un document un peu spécial auquel nous avons affaire cette année. Dans la mesure où notre dernière session a lieu dès le mois d’octobre, alors que les services du Conseil régional ne disposent pas encore de toutes les informations nécessaires à la formalisation de la carte établissant par ordre de priorité les évolutions d’offre de formations, notre assemblée doit simplement prendre acte des orientations proposées par le président concernant la future carte des formations professionnelles. Il n’y a donc pas d’annexe.

En effet, les instances académiques remettent leur avis cette semaine et le Comité Régional de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation professionnelle (CREFOP) remettra le sien le 29 octobre prochain. Le vote de la carte par le Conseil régional ne pourra donc pas intervenir avant la CP du 19 novembre 2015.

 

Sur le fond…

 

La Région dispose désormais d’un rôle renforcé pour ce qui concerne les cartes de formation initiale et l’offre de formation pour adultes :

  • Les partenaires sociaux sont directement décideurs des listes de formation éligibles au CPF et même s’il ne s’agit pas là de construire une offre, c’est bel et bien un exercice qui va conditionner aussi l’évolution de l’offre.
  • Tous ces processus d’élaboration de l’offre de formation régionale, c’est la loi qui l’exige, se construisent avec une concertation permanente dans le cadre de ce que nous appelons maintenant le « quadripartisme ».
  • Ces responsabilités transférées aux Régions et aux partenaires sociaux nous invitent à donner corps à la formation tout au long de la vie, à décloisonner ce qui hier se concevait en silos.

 

Elargir la concertation :

  • Il nous semble que la concertation pourrait encore être élargie : au secteur associatif et notamment à l’Union des Employeurs de l’Economie Sociale et Solidaire (UDES), mais aussi aux parents d’élèves, ou encore à des instances comme la Conférence Régionale de la Jeunesse afin d’interroger aussi les usagers eux-mêmes…
  • Il nous semble également que la concertation devrait être menée dans les territoires, ce qui permettrait un débat effectif, et non une simple juxtaposition des considérations de chacun qui ne fonde pas nécessairement l’intérêt général.
  • Il nous semblerait aussi nécessaire de rechercher une synchronisation, et à tout le moins une meilleure articulation entre les différents actes qui relèvent de notre responsabilité en matière de formation :
    • le programme régional de formation des jeunes et demandeurs d’emploi,
    • la carte des formations initiales, professionnelles et d’apprentissage,
    • mais aussi (même si la Région n’est pas chef de file) le Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur et de la Vie Etudiante (SRESVE).

 

Quel sens donne-t-on à l’offre de formation ?

  • Le débat ne doit pas porter que sur la nature et sur la quantité des formations à offrir. Il faut aussi débattre du sens que l’on veut donner à l’offre de formation en région Centre-Val de Loire, des ambitions qui doivent être celles du Conseil régional au-delà du court terme, des moyens qu’on veut y consacrer.
  • Les écologistes portent trois ambitions majeures et indissociables pour la formation, qu’il s’agisse de formation initiale ou de formation professionnelle ou continue :
    • l’ambition d’une offre généraliste, diversifiée et accessible, porteuse d’émancipation, d’éducabilité pour toutes et tous, permettant une diversité de savoirs pour répondre à la diversité des parcours et des projets ;
    • l’ambition d’une offre qui contribue aux enjeux liés aux mutations économiques et qui constitue un levier pour la transformation écologique de l’économie, en recherchant un élargissement de l’offre mais aussi la transformation des contenus de formation (même si cela n’est pas de notre ressort, nous pouvons contribuer à ces changements) ;
    • l’ambition d’une offre qui tienne compte des territoires et de leurs enjeux : en termes d’aménagement, les établissements de formation sont constitutifs de cet aménagement et du développement des territoires, ils sont en fait aussi acteurs d’une économie locale.
  • Ces trois ambitions ne sont pas simples à conjuguer. C’est là un intérêt du « quadripartisme » : il permet aussi de débattre non pas seulement des seules ambitions, mais aussi des enjeux, s’il est outillé pour partager une prospective, une analyse de la demande sociale, etc.

 

Préparer la transition écologique

  • Les écologistes estiment nécessaire en matière de carte des formations de ne pas se contenter d’une actualisation annuelle, mais de présenter aussi une vision pluriannuelle, ainsi d’ailleurs qu’une évaluation des effets des décisions prises par le passé.
  • Nous constatons que le CESER, dans l’avis qu’il a rendu lundi dernier sur cette communication, a considéré que « les métiers de la transition énergétique et écologique mériteraient d’être davantage explorés », citant notamment « l’écoconstruction », « les énergies renouvelables » et « l’agriculture biologique ».
  • Comment mettre en œuvre la transition écologique au-delà des ajustements annuels ? Comment en mesurer l’évolution ? Quid de l’évolution des référentiels ? Quel accompagnement de notre part sur l’action éducative ? Quels moyens techniques mis à disposition ? Sur ces sujets, faut-il apporter une touche cosmétique ou un changement durable et profond ?

 

Prendre en compte la hausse démographique

  • Une étude de l’INSEE estime que d’ici 2025, le nombre de lycéens de 14 à 18 ans devrait croître fortement dans la région : une augmentation 5-6 % entre 2014 et 2025, soit une augmentation de 4 à 5 000 lycéens. Il convient assurément d’en tenir compte, en ayant à l’esprit que la hausse démographique ne sera pas également répartie sur le territoire et qu’a priori elle touchera davantage l’axe ligérien ainsi que les franges franciliennes.