Préparation du SRDEII : pour la transition écologique

Intervention d’Estelle Cochard

 

L’économie mondialisée a conduit l’humanité à dépasser récemment plusieurs « limites planétaires » : je pense bien sûr au dérèglement climatique, dont la réalité n’est guère plus contestée que par un ancien président de la République, mais aussi à l’érosion de la biodiversité, à la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore…

D’autres « limites planétaires » pourraient rapidement être franchies, telles que l’épuisement des ressources de minerais, l’utilisation de l’eau douce, la diminution de la couche d’ozone stratosphérique, l’acidification des océans… C’est bien la capacité de l’espèce humaine à se développer dans un écosystème sûr qui est désormais remise en question.

Pour notre groupe, la transition écologique de l’économie doit donc être une priorité forte du schéma de développement économique qui sera adopté dans deux mois. N’y voyez pas une contrainte. Bien au contraire, la transition écologique des activités économiques sera créatrice de richesse et de progrès social et environnemental.

Pour les acteurs économiques de notre région, la transition écologique constitue une opportunité de réduire durablement les coûts de production et les aléas sur les coûts des matières premières (énergie, métaux, minerais), de gagner de nouveaux marchés avec des produits de haute qualité (résistants, réparables), mais aussi avec de nouveaux produits et services « verts ». C’est aussi une démarche citoyenne qui peut souder autour d’un projet d’avenir et reconnecter les entreprises avec leur territoire.

La démarche des états généraux de l’économie a permis de montrer tout l’intérêt porté par les acteurs économiques aux bénéfices de la résilience de leurs activités, avec un constat partagé : celui d’accompagner les acteurs économiques dans cette transition.

Nous pensons que la réussite de ce « virage économique » doit s’appuyer sur une stratégie claire, adossée à un plan régional de développement de l’économie circulaire, suivi de la mise en place d’outils appropriés pour une déclinaison opérationnelle efficace des orientations qui seront fixées par le SRDEII. Au-delà des acteurs institutionnels, nous pensons indispensable d’engager au plus vite un travail collaboratif avec nos partenaires proches que sont les pôles de compétitivités et les clusters, afin d’établir un diagnostic partagé, se fixer des objectifs tenables et mettre en place des orientations spécifiques par filières et par secteurs porteurs.

Je ne voudrai pas terminer mon intervention sans avoir évoqué l’agriculture, secteur particulièrement concerné par la transition écologique. Les écologistes souhaitent qu’à travers le SRDEII qui sera adopté au mois de décembre, la Région enclenche le développement de l’agro-écologie afin d’avancer sur la qualité, la proximité et la production biologique. Mettre en œuvre la transition du modèle agricole, c’est rendre les fermes plus résilientes aux crises climatiques, financières et sociales.

Les « consomm’acteurs », qui malgré des clichés savamment entretenus ne se résument pas aux « bobos » fortunés, veulent une alimentation saine et de qualité. Les chiffres fournis par l’Agence Bio parlent. Entre le premier semestre 2015 et le premier semestre 2016, le marché de l’alimentation biologique aurait progressé de 20 %. Selon les prévisions, il devrait atteindre les 6,9 milliards d’euros en fin d’année 2016 contre 5,7 milliards d’euros en 2015. Le marché du bio aura ainsi doublé en six ans. Accompagnons en région Centre ce développement en donnant les moyens de la conversion et du maintien en agriculture biologique, tout en accompagnant les agriculteurs dans leur transition.

Plus globalement, les écologistes seront force de proposition pour que le SRDEII soit l’occasion de rénover les CAP Filières afin qu’ils engagent avec volontarisme les bénéficiaires vers le nécessaire changement de modèle.