Présentation du rapport sur la COP régionale

Intervention de Charles Fournier

Le dérèglement climatique et l’extinction de la biodiversité sont deux crises qui nécessitent une mobilisation de tous pour transformer notre société et notre économie, de changer de modèle pour une société plus résiliente et soutenable.

Mais ce changement ne pourra se faire qu’avec les gens et par les gens. La collectivité a donc la responsabilité d’engager ce changement, de l’accompagner et l’amplifier et d’organiser le territoire autrement afin que nous puissions être à la hauteur des trajectoires qui s’imposent à nous et qui indiquent la hauteur de la marche à suivre : les trajectoires définies par l’Accord de Paris, les trajectoires européennes, la loi LTECV et la SNBC, le SRADDET.

Fixer un horizon ne suffit pas, il faut indiquer quels sont les premiers pas qu’on fait dans cette direction, et de manière collective.

La Région est une échelle importante, c’est une échelle où on peut jouer collectif, travailler sur nos transformations quotidiennes.

Pour impulser cette dynamique, nous avons lancé une COP régionale, qui mobilise de nombreux acteurs, toutes les parties prenantes de notre territoire pour relever ce qui constitue le défi de notre siècle.

La COP est un processus de changement qui vise la sensibilisation et engagement du plus grand nombre, de passer collectivement de l’ambition à l’action en développant une stratégie globale d’accompagnement des engagements et des acteurs.

Lors de l’adoption du premier accord, nous avons pu montrer comment la mobilisation est au rendez-vous, marquée par une vraie diversité d’implication d’acteurs. Malgré un contexte de crise sanitaire exceptionnel, nous avons réussi à mobiliser à la fois des entreprises, des acteurs de l’économie, des associations, des collectivités territoriales, des organismes de recherche et d’éducation, et ce sur tous les territoires de notre région

Quelques chiffres :

  • Plus de 240 engagements concrets pris, dont 30 portés par des acteurs économiques, approuvés par un conseil scientifique composé notamment d’une quarantaine de chercheurs de nos universités.
  • Un réseau de 315 COPérateurs, véritables ambassadeurs de la COP dans les territoires avec un rôle d’information de mobilisation.
  • Quarantaine de coalitions d’acteurs qui travaillent actuellement sur des thématiques concrètes (méthanisation, le développement des matériaux biosourcés dans le bâtiment) afin de définir ensemble des engagements pertinents et d’accélérer leurs mises en œuvre.
  • 171 évènements labellisés qui se sont déroulés dans nos territoires et qui participent à la connaissance et à l’appropriation de ces enjeux.
  • 44 821 défis citoyens.   

Ce processus et cette dynamique de mobilisation et de passage à l’acte se poursuit notamment avec les travaux en cours des différentes coalitions et des Semaines « Cap sur la COP ».

Cependant cette COP est aussi un processus qui doit s’adapter, faire évoluer ces dispositifs ou en développer de nouveaux afin accentuer cette mobilisation. C’est tout l’objet de ce rapport.

En effet, lors de nos récents travaux dans le cadre de la COP et de l’Assemblée régionale pour le Climat et la Transition Energétique, nous avons identifié les freins au passage à l’acte, en matière d’ingénierie et de lisibilité des aides disponibles, mais aussi des besoins de financement complémentaires.

On a des dispositifs mais on n’a pas toujours des projets qui sont adaptés. Ainsi se pose la problématique de la mise en correspondance des projets avec les financements.

Ainsi, ce rapport a pour ambition de répondre à ces besoins en améliorant sa stratégie d’accompagnement, dans une volonté d’amélioration de nos cadres d’interventions avec des aides davantage adaptés aux projets et en facilitant le parcours des porteurs de projets.

Concrètement, c’est donc 3 cadres d’intervention qui sont proposés aujourd’hui représentant des leviers face à ces freins identifiés. Ils sont co-construits et co-financés par la Région et l’Ademe : un premier cadre d’intervention pour accentuer la mobilisation et deux autres pour accélérer le passage à l’acte.

1er dispositif : Manifestation pour le Climat et la Transition Ecologique

Refonte d’un dispositif existant, « Manifestation de Mobilisation pour l’Ecologie », transformé désormais en Mobilisation pour le Climat et la Transition écologique. Il ne s’agit pas ici de changer simplement les termes mais bien d’avoir un dispositif plus élargi, qui permettra toujours d’accompagner les manifestations qui vont porter ces enjeux de la Cop.

Dispositif qui comprendre 3 dispositions :

  • la première reprend celle du dispositif MME : soutien à des manifestations qui porte l’enjeu écologique dans toutes sa dimension. Exemples : Terre du Son avec son éco-village, manifestations organisées autour de l’agriculture, manifestations sur les énergies…
  • 2ème disposition qui est nouvelle : concerne l’animation des défis citoyens pour le climat. Reprend l’idée du défi « Famille à énergie positive » qui permettait chaque année à des familles d’économiser de l’énergie. Désormais l’ambition est d’élargir ces défis à d’autres sujets tels que la mobilité, les déchets, la biodiversité… mais aussi avec pour objectif de mobiliser une diversité de participants et de soutenir les acteurs porteurs de ces projets.  En soutenant le déploiement local des défis via leur animation, la région a la volonté que ces défis prennent une véritable ampleur régionale en mobilisant une diversité d’acteurs (collectivités, associations, entreprises) afin de permettre la sensibilisation l’engagement du plus grand nombre.
  • Enfin, la 3ème disposition, destinée à soutenir les coalitions d’acteurs qui en ont besoin, qui travaillent sur des sujets sur lesquels il faut aller plus vite. Ce sera un soutien dans l’animation de la coalition aussi bien pour la constitution de la coalition que pour son suivi, dans la mise en œuvre. Cet accompagnement permettra de mettre davantage en mouvement ces coalitions car pour certains acteurs c’est on le sait difficile sans ce soutien financier.

Appel à manifestation d’intérêt

On aura aussi dans cette délibération, et qui sera précisé dans une autre délibération en avril, le lancement d’un dispositif d’accompagnement de l’innovation écologique, de projets issus de la COP, avec notamment :

  • Un accompagnement par l’incubation de projets qui ne sont pas tout à fait matures, qui ne trouveraient pas leur place dans les dispositifs existants. Cela pourra être des projets ou soit des cohortes de projets. Le but est de les accompagner dans le montage de leurs projets, dans la recherche d’investissement, dans la conduite d’expérimentation.
  • Un soutien aux stratégies de sobriété et de réduction des émissions carboné par des écosystèmes territoriaux : concrètement, ce seront des acteurs regroupés sur un territoire ou par filière par exemple qui pourront bénéficier d’un accompagnement en ingénierie pour réaliser un diagnostic de flux d’énergie ou de ressources par exemple, ou un bilan carbone afin de développer une stratégie commune et un plan d’actions concrets.
  • COP Invest, qui consiste en une aide à l’investissement s’adressant à des projets plus matures présentant des innovations écologiques, technologiques et méthodologiques.

Budget participatif pour le climat

A l’instar de ce que font des Régions ou des Départements, il s’agit donc ici de proposer la mise en place d’un budget participatif sur le climat. L’objectif est de soutenir des projets portés par des habitants, portés par des acteurs et des territoires. Ce dispositif permettra aux habitants d’être partie prenante des transformations et des innovations en faveur de l’écologie sur leur territoire car il leur sera soumis le choix des projets les plus pertinents qu’ils pourront choisir par un mode délibératif de votation citoyenne.

Ces dispositifs sont tout sauf un nouvel exercice de communication. Ils ont l’ambition, face aux freins identifiés, d’amplifier la mobilisation pour le climat et de répondre aux attentes des acteurs de notre territoire qui sont ceux qui incarnent le changement nécessaire pour notre société pour notre économie.

La COP n’est pas un processus figé auquel les acteurs devraient s’adapter. Au contraire, c’est à nous de réaliser un exercice de constante évolution afin de nous adapter pour faciliter l’engagement et la mobilisation du plus grand nombre et accélérer le passage à l’acte. Car l’action reste le meilleur vade-mecum pour mettre tout le monde en mouvement et nous permettre de changer de modèle.

C’est l’ambition que nous nous sommes fixée pour relever le défi de notre siècle dont l’enjeu est la survie de notre société.