Programme régional de formation

Intervention d’Estelle Cochard

Cher Président, chers collègues, je veux, pour commencer, souligner au nom de notre groupe la très grande réactivité et adaptabilité de notre collectivité en maintenant les rémunérations pour tous les stagiaires, que leur formation en cours ait été suspendue ou pas, et des organismes de formation permettant aux demandeurs d’emploi de bénéficier de formations pendant la période de confinement. Je pense aussi aux nombreuses formations en distanciel qui ont pu être mises en ligne sur la plateforme de Learning Management Système, plateforme ouverte aussi aux salariés en chômage partiel mise à disposition par la région. Ainsi, 70% des stagiaires ont pu se maintenir dans une formation partielle ou totale.

Ce programme régional de formation intègre maintenant la dimension des transitions écologiques de façon très opérationnelle et nous nous en réjouissons.

Au-delà de la nécessité de former afin de répondre aux besoins en compétences vertes sur les territoires, c’est un moyen aussi de participer à une mutation plus globale des positionnements et comportements professionnels.

C’est aussi l’entrée dans une nouvelle dimension par l’activation d’un processus systémique en accompagnant l’évolution de cultures professionnelles.

Maitriser cette compétence fera la différence pour accéder à l’emploi.

De plus, on le sait mais cela mérite de le redire, les formations dédiées aux métiers de transition écologique offrent des opportunités d’Insertion professionnelle durables et non-délocalisables aux demandeurs d’emploi de notre Région. Cette donnée n’est pas négligeable dans la période que nous traversons.

Dans le secteur du bâtiment, de la construction, de la rénovation et de l’écoconstruction par exemple : la formation aux métiers de la filière bois et matériaux associé. Cette formation permet le développement de pratiques professionnelles respectueuses de l’environnement et de la biodiversité, favorables à une gestion raisonnée des ressources naturelles et prévoit l’acquisition des bonnes pratiques pour la gestion des déchets de chantier.

Ce besoin est général, on le voit bien si on considère une des 150 mesures proposées par la Convention Citoyenne qui est : « Former les professionnels du bâtiment pour répondre à la demande de rénovation globale et assurer une transition de tous les corps de métier du BTP vers des pratiques écoresponsables ».

Un autre exemple de formation est la formation « réceptionniste en hôtellerie » qui propose aux stagiaires de développer des connaissances relatives au slow tourisme et aux offres correspondantes sur le territoire et prévoit une sensibilisation au tourisme vert et itinéraires aménagés (cyclotourisme…)

De même, pour la formation « développeur web et web mobile », une  sensibilisation à l’impact écologique de la DAT et encourage le développement de pratiques professionnelles écoresponsables.  

Ces nouvelles formations vont permettre à de futurs salariés d’apporter les compétences nécessaires aujourd’hui à la nécessaire adaptation des entreprises aux enjeux du réchauffement climatique. Notre collectivité, par ce PRF, entre encore plus en cohérence avec le SRDEII.

Importance de l’information pour :

Valoriser ces filières qui recrutent auprès des demandeurs d’emploi

Accroître la professionnalisation des intervenants (formateurs)

Des contenus de formation existent-ils pour encourager l’économie circulaire. Se baser sur les initiatives et actions existantes sur les territoires pour développer des référentiels. Liens avec la COP régionale.

Une formation a attiré mon attention : Se former aux métiers de l’agriculture dans un objectif de transition agroécologique pour les responsables d’exploitations agricoles qui me parait aller dans le bon sens.

Pourtant, vous me permettrez d’être prudente, voire sceptique sur la partie je cite « sensibilisation aux outils digitaux bénéfiques en matière de performance économique et environnementale des exploitations » car, en matière de traitements phyto sanitaires, l’utilisation de ces outils n’a, à ce jour, pas permis de voir baisser la vente de produits phytosanitaires par exemple car, si c’est moins d’injection de produits par passage, ces passages sont beaucoup plus fréquents. Ainsi, constate-t-on une nette hausse en 2018 la vente de ces produits. Je ne pense pas que l’on puisse considérer cette pratique comme agroécologique et le numérique n’est pas là au service du végétal.

Une des 150 propositions de la convention citoyenne est de « Réformer l’enseignement et la formation agricole : intégrer au tronc commun obligatoire l’enseignement de l’agroécologie, imposer des stages dans des exploitations qui appliquent les méthodes de l’agroécologie, ouvrir la formation continue sur les pratiques agroécologiques pour tous les agriculteurs, former les conseillers techniques aux pratiques de l’agroécologie ». Il faudra là aussi être vigilant sur les contenus de ces formations.

Je profite aussi pour porter à votre connaissance les mesures en matière de formation professionnelle que nous proposons dans notre publication « pour une Région écologique et résiliente » :

1. Mettre en place un « chèque rebond » pour alimenter le Compte Personnel de Formation de tous les travailleurs qui ont perdu leur emploi durant le confinement.

2. Développer l’offre de formation à la transition écologique et sociale et à la résilience dans le cadre des contrats de conversion écologique et du revenu de transition écologique.

3. Créer un fonds « formation » dédié à la reconversion des salariés des secteurs impactés par la crise et/ou des secteurs incompatibles avec la lutte contre le dérèglement climatique.

La méthode retenue est d’intégrer les enjeux de transition écologique dans toutes les formations professionnelles financées par la Région et d’évaluer le en formations nouvelles à l’échelle régionale Dans le cadre des transformations vers une économie relocalisée et circulaire, évaluation du besoin.