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Projet de gigantesque pôle industriel bois dans le Morvan : la raison l’a emporté !

Le groupe des élus écologistes au Conseil régional du Centre se réjouit qu’un arrêt du Conseil d’Etat, ce mercredi 9 octobre, ait enterré le projet de pôle industriel bois de Sardy-lès-Epiry dans la Nièvre, à l’entrée du Parc Naturel du Morvan.

 

Saisi par des associations telles que Loire Vivante ou France Nature Environnement, le Conseil d’Etat a considéré qu’il n’existait pas « de raisons impératives d’intérêt majeur », ce qui ne donne pas au projet le droit de déroger à la directive européenne de 1992 sur l’habitat de la faune, transcrite depuis dans le code de l’environnement français. Il ne peut donc pas y avoir d’autorisation « d’aménagement à détruire, altérer, dégrader des sites de reproduction ou d’aires de repos d’animaux et de transports d’espèces animales ».

 

Le 28 mars 2013, notre groupe avait présenté un vœu en session plénière du Conseil régional du Centre pour dénoncer la démesure du projet et ses conséquences dévastatrices.

 

Les écologistes soutiennent naturellement l’utilisation du bois pour la production de chaleur, à condition toutefois que la gestion forestière permette le renouvellement de la ressource et qu’elle ne porte pas atteinte à la biodiversité, aux sols forestiers, à la qualité de l’air ou aux aménités de la forêt.

 

Nous avions souligné dans notre vœu qu’un rapport du Ministère de l’Agriculture, publié en décembre 2012, avait pointé le succès des filières locales mais disqualifié les grandes centrales à biomasse : incapables de mobiliser de nouvelles ressources en bois-énergie, elles fragilisent les filières existantes. Le rapport ministériel attirait notamment l’attention sur le fait que l’usine de panneaux KRONOFRANCE à Sully-sur-Loire, implantée sur 50 hectares, employant plus de 400 personnes et produisant 400 000 m3 de panneaux par an, serait directement menacée par ce type d’implantation.

 

A l’heure de la transition énergétique, l’énergie issue du bois constitue un volet crucial, car si l’exploitation n’est pas durable, l’énergie qui en est issue ne peut pas être considérée comme renouvelable. Les décisions prises aujourd’hui pour la forêt auront des conséquences pour les 50 à 200 ans qui viennent.

 

Energie et climat sont liés. L’exploitation de la forêt n’est pertinente que si elle n’entraîne pas une décapitalisation du carbone stocké par les forêts : la surexploitation industrielle mettrait en péril les surfaces et les densités des forêts, au moment précis où le dérèglement climatique rend plus que jamais leurs fonctions indispensables et pour tout dire vitales.

 

Jean Delavergne,

Président du groupe EELV au Conseil régional