Portrait Jean Delavergne

Réforme territoriale : quelle organisation politique et administrative pour la nouvelle région ?

Intervention de Jean Delavergne

 

J’avais pensé intervenir pour dire que, finalement, nous étions fiers de la Région Centre et des politiques qu’elle conduit. À présent, j’ai envie de nuancer un peu cela, en fonction de ce que j’ai entendu, même si je constate une convergence de plusieurs intervenants sur l’idée qu’il vaudrait sans doute mieux maintenir la Région Centre dans son espace. 

 

J’ai envie de nuancer cela parce qu’il m’a semblé toutefois entendre des accents qui ressemblaient à une espèce de « patriotisme régional », que je ne trouve pas de très bon aloi. Je le dis clairement, je trouve des points forts dans notre Région. Elle a des atouts et, en tant qu’élus régionaux, nous devons les mettre en avant et les défendre. Cependant, la Loire-Atlantique a également bien des atouts et des avantages et je vais vous dire que je trouve que le Limousin, pour sa part, a bien des atouts et des avantages également avec, par exemple, les indicateurs de développement humain parmi les plus élevés en France.

Pour nous, la question n’est pas dans cette espèce de jeu où l’on a l’impression que les gens du Limousin seraient rejetés par la région Centre, que celle-ci serait rejetée par les Pays de la Loire qui seraient eux-mêmes rejetés par la Bretagne. On se trouve devant un drôle de débat et de discussion !

Je rappelle que nous sommes partisans d’une réforme, dont nous avons précisé les contours sur lesquels je ne reviendrai pas, pourvu qu’elle soit menée de façon plus démocratique et qu’elle permette aux gens de s’y retrouver. Quand je dis « les gens », ne faisons pas de démagogie : j’insiste pour dire que ce qui me semble essentiel, c’est que l’ensemble des organisations, qui représentent la société civile à l’échelon régional et qui sont conscientes de la nécessité de la vie de cet échelon, s’y reconnaissent et lui donnent du sens.

 

Comme nous ne pensons pas que l’avenir soit nécessairement dans un élargissement de la région, nous n’allons pas entrer, en ce qui nous concerne, dans ce troisième temps du débat, parce que cela paraîtrait un peu illogique. Je voudrais simplement pointer quelques problèmes.

Le premier est que nous avons le sentiment que, alors que l’on aurait un grand  espace démocratique, un grand trou entre la commune – plus ou moins représentée ensuite dans l’intercommunalité, mais ce sont les élus communaux qui sont élus – et les élus d’une maxi-Région, l’État, bizarrement, maintiendrait son organisation départementale. On a un peu le sentiment qu’en fait de décentralisation, il pourrait s’agir de « recentralisation » !

Nous avons aussi la crainte, par rapport à ce que nous portons, que ce trou démocratique assez considérable, qui va se développer entre les élus communaux et les élus régionaux, aboutisse à ce que les Conseils généraux ne disparaissent pas en 2020 mais continuent à exister. En matière de simplification, que ce soit la droite qui ait le pouvoir ou la gauche qui y reste, tel que l’on est parti, je crains fort que l’on s’aperçoive que l’on a besoin d’un échelon intermédiaire parce que l’on aurait fait des Régions trop grandes.

 

Je ne veux pas aller plus loin sur ce sujet. Nous n’aurons pas d’intervention sur la manière de réorganiser quelque chose que, pour l’instant, nous pensons possible d’éviter.