Répondre à la détresse des étudiants

Vœu présenté par le groupe écologiste

La pandémie de Covid-19 sévit depuis presque un an. Au cours de cette année, les étudiants ont été des victimes indirectes largement oubliées.  

La situation est plus que préoccupante. Les conditions de vie et d’études sont fortement dégradées. L’isolement est prolongé au-delà du raisonnable, avec des cours uniquement en distanciel, et une vie sociale réduite à peau de chagrin. Les possibilités de financer les études en travaillant ont considérablement diminué.

Selon l’Observatoire de la Vie Etudiante, un étudiant sur trois présente des signes de détresse psychologique[1]. D’après une étude réalisée par le Figaro étudiant en décembre 2020, les étudiants se montrent particulièrement inquiets pour leur santé mentale (69 %), pour leur réussite scolaire (79 %), pour la valeur du diplôme qu’ils obtiendront (65 %), pour leur insertion sur le marché de l’emploi (79 %), tout en étant aussi tourmentés par le contexte sanitaire (66 %) comme par le contexte économique et social (92 %)[2].

Dans tous les domaines, la crise générée par la pandémie de Covid-19 a permis de révéler des inégalités ou des insuffisances. On s’est ainsi aperçu qu’il n’y avait aujourd’hui qu’1 psychologue pour 30 000 étudiants en France, contre 1 pour 1 500 étudiants aux Etats-Unis.

Dans le cadre d’un rapport intitulé « Mesures d’urgence en faveur de la jeunesse » adopté ce jour, la Région Centre-Val de Loire a pris ses responsabilités, notamment en renforçant l’aide alimentaire apportée aux étudiants sous forme de bons alimentaires depuis plusieurs mois, ou encore en s’engageant à proposer dès à présent des jobs pour les étudiants au sein des services du Conseil régional et des lycées.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement a apporté certaines réponses qui vont dans le bon sens, comme la reprise des travaux dirigés en demi-groupe pour les étudiants de première année et le repas à 1 € au CROUS.  La mobilisation des organisations étudiantes leur a aussi permis d’obtenir le chèque santé mentale pour couvrir une partie des dépenses en la matière. Mais pour répondre concrètement à un mal-être qui pourrait s’inscrire dans la durée, l’Etat peut et doit agir bien plus largement encore.

En conséquence, le Conseil régional Centre-Val de Loire, réuni le 18 février 2021 à Orléans, demande au gouvernement d’apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les étudiants en raison de la crise sanitaire, et en particulier :

  • de répondre à la précarité matérielle, en ouvrant le RSA aux moins de 25 ans par exemple dans le cadre d’une expérimentation en région Centre-Val de Loire – mais aussi en gelant le paiement des loyers en résidences universitaires ;
  • de répondre à l’isolement et à la demande de la majorité des étudiants en permettant leur retour, avec protocole sanitaire strict, en présentiel dans les universités, quitte à réquisitionner et aménager de nouveaux locaux afin de répondre à ces impératifs de santé ;
  • de répondre aux enjeux de santé mentale en recrutant des psychologues ;
  • de mettre en place des accompagnements personnalisés pour les étudiants qui en éprouvent le besoin ;
  • de mettre en place un groupe de travail associant les Régions et les Départements pour conduire une réflexion sur un revenu d’autonomie pour les étudiants et plus largement pour la jeunesse.

[1] http://www.ove-national.education.fr/wp-content/uploads/2020/09/OVE-INFOS-42-La-vie-etudiante-au-temps-du-COVID-19.pdf

[2] https://etudiant.lefigaro.fr/article/sept-etudiants-sur-dix-sont-inquiets-pour-leur-sante-mentale_e2d6f88c-3adf-11eb-9abd-077069581073/

Vœu adopté :

pour : groupe écologiste, groupe SRD (Socialistes, Radicaux, Démocrates)

abstention : groupe UDC (LR, UDI), groupe RN

non participation au vote : Pierre Commandeur