Réponse au vœu de l’UDC « pour un moratoire sur la construction d’éoliennes »

Intervention de Benoît Faucheux

Pour commencer, je dois dire que je me réjouis de lire dans ce vœu que le groupe d’Union de la Droite et du Centre considère désormais « la lutte contre le changement climatique comme une urgence vitale, (qui) nécessite la mise en œuvre de transformations majeures dans nos modes de production, de consommation, et de déplacement. »

Le sens du développement de l’éolien, du point de vue de la Région Centre-Val de Loire, n’est pas d’ajouter des modes de production d’énergies renouvelables aux modes de production actuels, mais d’inscrire le développement de l’éolien dans la trajectoire du SRADDET, qui vise la neutralité carbone en 2050 en réduisant les consommations d’énergie de 43 % par rapport à 2014, via l’efficacité et la sobriété. L’objectif 100 % ENR ne peut être atteint sans valoriser une partie du potentiel éolien de la région. Par rapport à 2020, la quantité d’énergie produite par l’éolien est à multiplier par 4, et non par 8 comme vous le citez, pour atteindre les objectifs du SRADDET. Cet objectif est raisonnable, quand on sait que le potentiel technique de l’éolien en Centre-Val de Loire est de plus du triple.

Concernant les déchets de la filière éolienne, ils sont d’ores et déjà pris en charge par des filières adaptées, et bien plus simples à gérer que les déchets radioactifs…

Vous avez mentionné le développement des alternatives comme l’hydrogène, rappelons que ce n’est pas une source d’énergie, mais un simple moyen de stockage à l’instar d’une batterie… en bien moins performant et en beaucoup plus cher.

Si l’hydrogène a un rôle à jouer, c’est pourtant précisément dans l’hypothèse d’un réseau électrique 100 % énergies renouvelables. En effet, la très grande flexibilité en puissance des électrolyseurs et la facilité de stockage de l’hydrogène dans les infrastructures existantes (réseau de gaz, stockage sous-terrain, …) leur permettent de participer à l’équilibre du réseau électrique en absorbant les pics de production et en stockant l’énergie dans le réseau de gaz. Energie utilisable en substitution de gaz fossile via une centrale à gaz, ou pour tous autres usages.

Ainsi l’hydrogène se marie beaucoup mieux avec l’éolien et les autres énergies renouvelables qu’avec le nucléaire de 4ème génération, dont un hypothétique déploiement serait de toute manière bien trop tardif pour limiter les impacts de l’effondrement écologique, de la contraction de l’approvisionnement énergétique de l’Europe et de la déstabilisation climatique, dont vous semblez vous soucier.

Enfin, je note que la défense de « la beauté harmonieuse des paysages de nos provinces » n’était pas votre priorité lors la discussion de l’objectif de zéro artificialisation nette intégrée au SRADDET, permettant de stopper la prolifération des immondes zones industrielles et commerciales.