Réponse au vœu de la droite sur les fermetures de classes

Intervention d’Estelle Cochard

 

Concernant les chiffres, lorsque vous indiquez les fermetures de classe, il serait honnête de divulguer les ouvertures ainsi que le déficit démographique. Pour reprendre la réalité des chiffres, s’il est prévu par exemple 26 fermetures de classes dans le Loir-et-Cher (et non 34 comme ce que vous indiquez), il est également programmé 18 ouvertures et 5 classes devraient faire l’objet d’une convention ruralité. A l’arrivée, le solde réel est de 3 fermetures sèches. Si l’on compare cette réalité au déficit d’enfants enregistré dans ce département (479 enfants de moins que l’année précédente), on voit bien que le problème est un peu différent.

Dans notre région, le déficit d’enfants représente 2 769 écoliers, il y a là un vieillissement de la population que tous les élus régionaux comme locaux doivent appréhender réellement et sérieusement. Les « y a qu’à » et « faut qu’on » sont un peu courts sur cette question démographique de fond. Dans ce contexte, votre opposition du rural et de l’urbain, comme s’il y avait deux populations qui devaient s’affronter dans notre région, est particulièrement mal venue.

Au regard du déficit démographique, le ratio professeur/enfants ne baisse pas. Au contraire, il augmente et il augmente mécaniquement davantage dans les petites écoles rurales que dans les groupes scolaires urbains. Ainsi, au regard des dotations et de la réalité des fermetures et des ouvertures, chaque professeur aura en moyenne moins d’enfants dans sa classe l’année à venir.

Ceci ne doit pas cacher le manque de moyen des écoles et les réalités de plus en plus difficiles du travail d’enseignant dans le premier degré… mais ceci ne doit pas servir à alimenter un populisme dont la seule vision réside dans l’opposition entre concitoyens.

On peut ajouter également que les donneurs de leçons budgétaires d’aujourd’hui sont ceux-là mêmes qui, lorsqu’ils avaient le pouvoir entre 2007 et 2012 ont supprimé 80 000 postes dans l’Education nationale dont 9 000 juste dans les écoles primaires (qu’elles soient rurales ou urbaines).

Pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons de voter ce vœu.