Ressources pédagogiques numériques

Cher Président, Chers collègues,

Si aujourd’hui tous les acteurs éducatifs s’accordent à dire que l’informatique dans les établissements a progressé, qu’elle fonctionne bien et que la maintenance informatique prise en charge par la collectivité permet d’envisager sereinement une nouvelle phase de développement des usages numériques, ce développement se doit d’être responsable d’un point de vue éducatif, social et environnemental. 

Par les mesures proposées dans ce rapport, la Région s’implique dans la mise en œuvre d’une transition de supports pédagogiques papier vers des supports numériques, qui fort heureusement, n’est pas imposée.

Une telle transition doit intégrer dès sa conception une économie de fonctionnalité en cohérence avec engagements régionaux inscrits dans la feuille de route de l’économie circulaire.

Le parc informatique, 38 420 postes de travail, 467 serveurs, comme indiqué dans ce rapport, a déjà un impact environnemental et social fort.

En effet, mines détenues par des milices, exploitation d’enfant dans les unités d’assemblage, conditions de travail déplorables, empreinte carbone et consommation énergétique astronomique, trafic illégal de déchets électroniques, recyclage de certains métaux constitutifs des appareils quasi-impossible… Cette liste incomplète illustre les nombreuses externalités négatives à l’échelle mondiale qui jalonnent le cycle de vie d’un produit électronique aujourd’hui. Cela nous invite à la responsabilité, à la sobriété, et à privilégier le recyclage et le reconditionnement de matériels. 

Comment alors réduire la pression sur les ressources planétaires ?

Comment éviter plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre et d’y associer des bénéfices économiques et sociétaux ?

A notre niveau régional, une des réponses proposée la démarche BYOD (Bring Your Own Device ou en français AVEC Apportez Votre Equipement Personnel), soutenue par le ministère, évitera la multiplication du matériel informatique.

Le groupe écologiste salue une autre réponse qui est de proposer une offre de matériels issus d’une filière de reconditionnement avec la politique d’achats responsables en intégrant le plus possible de matériel informatique reconditionné. Il conviendrait également d’étudier véritablement la possibilité d’utiliser des logiciels libres de droits, ce qui nous permettrait de faire des économies substantielles sur les achats de licence.

Nous soutenons que la politique environnementale de la région doit s’affirmer dans le réemploi des rebus électroniques des établissements toujours croissants et ce, en lien avec le Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets.

A l’échelle d’un bassin de lycée, il s’agirait de répertorier les filières de réemploi, d’identifier les entreprises pour lesquelles ces rebus ne seraient pas un déchet mais une ressource utile dans leur production. Ces associations pourraient former des « coalitions » telles qu’inscrites dans le cadre de la COP régionale.

Les informations collectées sur les entreprises vendant du matériel informatique reconditionné pourraient être mis à disposition des familles via la plateforme YEP’S afin que celles-ci réalisent leur achat responsable et économiquement intéressant.

Nous pensons que notre Région est en mesure de faire de cette nouvelle contrainte imposée par le renouvellement massif de supports pédagogiques une opportunité d’organiser concrètement l’économie de fonctionnalité et porter ainsi l’exemplarité qui ouvre bien des possibles.

Nous soutenons ce rapport en gageant que cette économie de fonctionnalité sera déployée à son maximum et nous voterons favorablement.

Estelle Cochard