Revitalisation commerciale des centres-villes – Le contre-exemple du « Village des Marques »

Intervention d’Alix Téry-Verbe

Nous avons voté lors de la session de juin dernier un vœu pour signifier notre opposition au projet d’implantation d’un « Village des Marques » en Indre-et-Loire.

Pour rappel, ce projet prévoit la création de 150 à 200 boutiques de marques, dont l’objectif est d’écouler les stocks des collections précédentes. Le projet tourne autour d’un concept de tourisme commercial en périphérie des pôles de centralité qui, indéniablement aura un impact économique négatif fort sur les emplois des autres commerces et aggravera la désertification des centres-villes.

L’impact environnemental serait également important, que ce soit par l’augmentation du trafic et nombre de véhicules qui se rendra sur la zone, mais également du fait des marchandises vendues peu vertueuses que ce soit par leur caractère polluant (dans les pays de production) ou par l’exploitation de la main d’œuvre… qui est souvent/parfois constituée d’enfants !

Nous avions considéré en votant à l’unanimité ce vœu que ce type de projet constituait une aberration sur les plans économique, commercial, écologique et en termes d’aménagement du territoire.

Dans leur rapport, les services de l’État émettaient également un avis très réservé au regard des engagements pris dans le cadre du Schéma de Cohérence Territorial.

Mais ne nous focalisons pas uniquement sur ce « Village des Marques ». Bien sûr il faut empêcher coûte que coûte qu’il s’implante ici ou ailleurs, mais le problème ne se pose-t-il pas d’une manière plus générale sur le modèle des aménagements commerciaux soutenus par la plupart des élus du territoire ?

Sous couvert de règles, qui en effet sont de plus en plus strictes sur l’emprise au sol ou sur le développement des énergies renouvelable par exemple, on accepte l’implantation et l’agrandissement de grandes surfaces alors même que les plafonds/seuils nécessaires pour satisfaire les besoins des populations sont largement dépassés.

Par ailleurs, il manque assurément des points dans la réglementation actuelle.

Concernant l’artificialisation des terres, aucun inventaire précis des friches industrielles et commerciales n’existe par exemple, aucune obligation non plus de s’installer sur une friche plutôt que sur un espace vierge et naturel… Or cela coûte moins cher de s’installer sur une surface vierge que de devoir remettre une friche en état… CQFD !

A quoi bon investir des fonds pour revitaliser les centres-villes si on autorise ce qui tue le commerce de proximité ?

Il est urgent en tant qu’élus et représentants de l’ensemble de la population et pas d’intérêts financiers de quelques-uns, de se poser les bonnes questions :

  • Veut-on enfin réduire les déplacements en véhicules motorisés individuels ?
  • Veut-on continuer à proposer des complexes toujours plus gros ou plutôt un maillage de petites unités commerciales en archipel qui peuvent s’intégrer aux centres-villes ?
  • Ne pourrait-on pas aller plus loin et soutenir en priorité les petits commerces qui s’engagent dans des démarches plus vertueuses d’origine des marchandises ?

En conclusion, nous ne voulons plus d’un commerce parasite, qui a un impact négatif sur notre écosystème, nous voulons une économie relocalisée.