Sauvegarder le réseau ferroviaire du quotidien : l’exemple de la ligne Bourges-Saint-Amand-Montluçon

Intervention de Michelle Rivet

 

Les Conseil municipaux et communautaires du Sud Cher votent les uns après les autres le vœu de la Région sur le rapport Spinetta. Dans le Saint-Amandois, la préconisation de fermer les circulations sur les lignes où leur maintien « n’est pas possible sans investissement et que cet investissement n’est pas justifié d’un point de vue socio-économique » vise en effet très clairement la ligne Bourges-Saint-Amand-Montluçon.

Il y a 60 ans encore un réseau ferroviaire maillait ce territoire. Ma petite commune de Marçais, forte alors de 750 habitants, comptait une gare, immortalisée par Jacques TATI dans « Jour de Fêtes », et c’était le cas de tous les villages voisins. Des trains peu rapides mais réguliers qui permettaient des trajets pourtant moins nombreux qu’aujourdhui à une population essentiellement agricole. Ceci pour démontrer à quel point la disparition du tacot comme celle des autres services publics a été rapide et brutale.

Ce tronçon est emprunté actuellement par des TET reliant Paris-Austerlitz à Montluçon  ainsi que par des TER reliant Vierzon à Montluçon. Outre Saint-Amand-Montrond, la ligne dessert Saint-Florent-sur-Cher, Châteauneuf-sur-Cher et Vallon-en-Sully. C’est peut-être une petite ligne ferroviaire inutile aux yeux d’un ancien PDG d’Air France. Pour les habitants du département du Cher, c’est un axe structurant.

Notre Région Centre-Val de Loire a demandé l’inscription de  5,5 M€ des travaux au Contrat de Plan Etat-Région  et elle a eu raison de se battre pour l’obtenir.

Ces travaux sont lancés mais il s’avère aujourd’hui que d’autres travaux bien plus lourds vont être nécessaires : si l’on veut éviter un allongement du temps de parcours rédhibitoire, voire une fermeture complète, il faudra mettre, si on en croit les chiffres de SNCF Réseau, 50 M€ supplémentaires d’ici 2025 ! Sans compter les 40 M€ de signalisation dont SNCF Réseau n’a pas prévu de financer le renouvellement…

L’abandon de la ligne Bourges-Saint-Amand-Montluçon aurait un impact terrible pour le sud du Cher, que ce soit au niveau économique, touristique ou humain. On ne peut pas l’accepter.

Le groupe écologiste soutient donc le plan d’urgence pour la sauvegarde du réseau ferroviaire du quotidien proposé par François BONNEAU et appelle l’Etat, dont c’est la responsabilité, à s’y engager.