Portrait Michelle Rivet

SRADDT, agriculture et ruralité

Intervention de Michelle Rivet 

Monsieur le Président, chez collègues, nous avons évoqué ce matin la situation difficile de l’agriculture. Dans le document sur le SRADDT qui nous est proposé un chapitre lui est consacré et elle apparaît significativement dans plusieurs autres. C’est dire la place qu’elle occupe et que nous souhaitons lui voir occuper.

Le SRADDT postule que l’avenir de l’agriculture est à chercher aussi au delà de sa fonction productrice et il replace au cœur des questions posées à l’agriculture régionale l’occupation du territoire, l’accès au métier des jeunes, l’équilibre des productions, la place de l’agriculture biologique et la qualité de l’environnement.

2 logiques guident les choix à venir

  • Une logique économique qui doit conforter les productions les plus à même de procurer des revenus aux producteurs et donc aussi celles qui répondent aux enjeux environnementaux.

  • Une logique d’aménagement du territoire qui doit favoriser les productions qui préservent le foncier. Il faut conserver un tissu rural suffisant pour qu’il reste attractif pour ses habitants, dont les agriculteurs eux mêmes.

De ces deux logiques découle une stratégie diversifiée qui privilégie l’emploi, la valeur ajoutée sur le territoire et le respect de l’environnement.

En effet dans le cadre du Plan Climat régional, notre agriculture doit réduire de 10% les apports azotés par les fertilisants minéraux et le Sraddt développe un certain nombre de priorités qui pourront permettre d’atteindre cet objectif.

  1. en premier lieu le développement de l’agriculture biologique et ce d’autant que nous sommes dans une région qui a atouts agronomiques et des savoir faire en terme de grandes cultures . Or il y a des manques patents en céréales, légumes , fruits, volailles et porcs bios.

  2. 2ème la production de protéines : pour les mêmes raisons l’agriculture régionale peut convertir rapidement des surfaces à la culture de protéagineux qui pourrait se substituer au soja (OGM pour l’essentiel) utilisé dans les élevage tout en réduisant les apports de fertilisants azotés.

Et si les céréales sont sa principale production l’agriculture régionale a d’autres potentiels à développer

  • Les productions sous signe de qualité : vins, fromages de chèvre, produits spécifiques des terroirs régionaux… D’une manière générale les signes de qualité permettent plus de valeur ajoutée, plus d’emploi et ils concourent à l’image positive de la région.Une image qu’il faut conforter par les exigences de non utilisation d’OGM.

  • Les activités agro-alimentaires qui restent peu présentes: la reconquête de la valeur ajoutée passe par des industries et de l’artisanat de transformation des productions agricole.

  • Mais aussi la transformation du bois très présent sur le territoire régional et sous utilisé, lesécomatériaux ainsi que les sources d’énergies issues de la biomasse en privilégiant la valorisation des ressources non alimentaires et sous réserve de non consommation de pesticides .

En terme d’aménagement du territoire les forums organisés au cours du semestre écoulé nous ont montré l’inquiétude et les interrogations face à la diminution possible de la population active dans les zones rurales.

Ces territoires doivent s’appuyer sur leurs ressources pour créer ou simplement maintenir des activités non délocalisables. Cela concerne également l’agriculture où les filières longues échangées sur le marché mondial viennent encore de nous démontrer leur fragilité, dans le cas récent du concombre.

Cela implique une politique volontariste d’installation qui facilite la transmission et la création d’activités. Cela implique donc aussi de lever l’obstacle de l’accès à la terre pour les nouveaux installés.

De plus la gestion du foncier ne concerne pas seulement l’agriculture : la question de l’urbanisation est un enjeu d’avenir sur notre région quand on connait la consommation effrénée de terres par l’urbanisation et les différentes infrastructures : l’équivalent d’un département tous les 7 ans disparait. Il est urgent d’arrêter ce gaspillage.

Nous nous devons, nous, collectivité territoriale de mettre en œuvre des politiques et des outils appropriés pour protéger les terres agricoles sensibles, notamment les zones périurbaines et les bassins d’alimentation et de captage.

Nous devons développer notre intervention dans ce sens pour protéger les terres agricoles, maintenir des exploitations sur le territoire et favoriser un approvisionnement de proximité pour les habitants.

La création d’un Établissement Public Foncier Régional, évoquée dans le SRADDT, pourra faciliter ces politiques foncières et participer à leur mise en cohérence sur la Région.

C’est à cette cohérence territoriale, quel que soit le sujet, que nous avons voulu nous attacher tout au long de l’écriture de ce schéma.

Ainsi, je voudrai indiquer en conclusion à cette intervention que je ne partage pas l’analyse de mon collègue François Dumon sur l’oubli du Cher ou du Sud régional dans le SRADDT.

Les notions de réseau et de pôle de centralité défendues dans ce document sont fondamentales et doivent ouvrir la voie d’un développement équilibré sur notre territoire.

 

Session des 23 et 24 Juin 2011
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Rapport SRADDT

Annexe SRADDT