Portrait Jean-Philippe Grand

SRADDT et économie verte

Intervention de Jean-Philippe Grand

Monsieur le président, chers collègues, je tiens à saluer le travail remarquable mené lors des forums territoriaux et thématiques par les personnes qui y ont participé et particulièrement à la qualité du travail effectué par les rapporteurs qui a aidé à l’élaboration de la synthèse riche que nous étudions aujourd’hui.

Il est, de mon point de vue, fondamental de ne pas opposer le développement économique et la politique environnementale. Certes il y a une économie qui n’a pas de lien direct avec l’environnement dans sa production mais aucune entreprise ne peut aujourd’hui ne pas intégrer au moins quelques valeurs liées au développement durable. Je ne pense pas que le laisser faire au nom de la protection de l’emploi soit un facteur de développement durable, ni pour notre territoire, ni pour sa population. Les exemples de décisions qui vont à l’encontre du bon sens écologique sont malheureusement nombreux mais je n’en prendrais qu’un qui peut paraître anecdotique mais qui, pour moi, est emblématique. La SNCF à décidée de ne plus aller chercher les wagons isolés dans les entreprises, ce qui a eu pour conséquence de transférer au transport routier des milliers de tonnes de marchandises et qui a augmenté encore la pollution liée au transport. Décision d’autant plus incompréhensible que la SNCF a acquis une société de transport routier et qu’elle aurait donc pu jouer sur les synergies pour organiser un maillage très fin du territoire national en privilégiant le transport ferroviaire. Le développement du ferroutage doit être une priorité pour notre région pour éviter que des murs de camions empruntent nos routes et polluent notre territoire.

Il y a un enjeu fort pour notre région et qui créera des emplois pour des décennies. Il s’agit de la sortie du nucléaire. Vous demandiez monsieur Lemaignen quelle action forte nous allions mener en terme d’aménagement du territoire. Et bien, remplacer la production d’électricité non renouvelable qu’est le nucléaire par la production d’énergies renouvelables est une action majeure que nous devons mettre en oeuvre dès maintenant et pour plusieurs décennies. Nous devrons également réduire la consommation des bâtiments et pour cela il faudra investir des sommes considérables qui permettront de créer des milliers d’emplois dans les métiers liés à l’isolation et à l’efficacité énergétique. Il faut tout mettre en oeuvre afin que nous ne soyons pas obligés d’importer le savoir-faire dans certains domaines par manque de formation et de recherche. C’est là également un enjeu majeur pour notre collectivité. Nous devons imaginer et construire les moyens de produire de l’électricité grâce aux énergies renouvelables dans notre région. L’aide à la recherche vers ceux qui sont pilotes dans ce domaine devra également être massive. Nous devrons enfin démanteler les centrales nucléaires, au fur et à mesure de la baisse de la consommation et de la hausse de la production d’énergies renouvelables, ce qui maintiendra des centaines de personnes dans l’emploi pour près de 30 ans. Le bilan de la sortie du nucléaire sera donc très positif pour notre région que ce soit en matière d’emploi comme en terme de santé publique. Ces mesures mobiliseront toute notre énergie dans les années à venir et je présume, monsieur Lemaignen, que vous conviendrez que cet objectif est ambitieux pour notre territoire et qu’il s’agit bien là d’une action majeure.

Oui, nous considérons que l’économie verte est le moteur du développement de notre région pour les prochaines décennies. Mais lorsqu’on parle d’économie verte, on ne parle pas seulement d’économies d’énergie ou d’énergies renouvelables, on peut par exemple développer l’écoconception des produits, limitant ainsi leur impact sur l’environnement ou recycler des déchets pour leur donner une seconde vie . Vous voyez bien que les domaines d’application de notre vision de l’économie sont transversaux et recouvrent l’ensemble de notre activité économique.

Voilà quelques enjeux liés à l’économie et à l’environnement que nous saurons, j’en suis sûr, aborder sereinement grâce à ce SRADDT qui sera pour nous une feuille de route pour les vingt prochaines années.

 

Session des 23 et 24 Juin 2011
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Rapport SRADDT

Annexe SRADDT