Portrait Jean Delavergne

SRCE et trames vertes et bleues

Intervention de Jean Delavergne

 

Monsieur le président, chers collègues, la conscience de la gravité des enjeux concernant la dégradation de la biodiversité progresse. Elle progresse sans doute encore insuffisamment, mais elle progresse. De plus en plus d’acteurs comprennent qu’il ne s’agit pas seulement de protéger « les petites fleurs et les petits oiseaux », comme on l’entend encore malheureusement, mais que ce qui est en jeu fondamentalement c’est la qualité du cadre de vie des femmes et des hommes sur les territoires et la préservation des ressources qui jouent un rôle – y compris économique – majeur. Il suffit de penser aux rôles des abeilles dans la pollinisation pour illustrer ce propos.

La préservation du patrimoine naturel passe d’abord  par la connaissance de la réalité et c’est le grand mérite du travail réalisé pour ce SRCE que d’avoir collecté les connaissances existantes souvent produites par les associations de protection de la nature et de l’environnement.

Une partie des critiques faites à ce  document sur les territoires révèlent que les connaissances validées scientifiquement sont encore insuffisantes. C’est ce qui explique que certains éléments du patrimoine naturel considérés localement comme remarquables ne puissent encore figurer dans le document du SRCE, faute de validation scientifique. Cela montre bien la nécessité de renforcer le travail qui doit être conduit en particulier dans le cadre de l’Observatoire Régional de la Biodiversité.

Mais la connaissance et la sensibilisation progresse aussi très fortement en région Centre grâce à l’orientation prise dans nos Contrats Régionaux de Solidarité Territoriale, orientation qui permet aujourd’hui que soit engagée, dans tous les Pays, la réalisation d’une trame verte et bleue, à l’échelle cette fois du 1/25 000.

Outre le développement de la connaissance, ce qui est important à cette échelle c’est la possibilité d’appropriation par les différents acteurs. Je peux témoigner ici de la manière dont cela se passe dans le Pays de La Châtre qui vient de terminer cette étude de TVB et de définir un programme d’action. La préservation à la fois  des prairies humides et du bocage (le deuxième le plus dense de France) y ont été définis comme des enjeux prioritaires.

Et ce qui est remarquable c’est que les travaux conduits de manière très participative débouchent sur des propositions qui, loin d’opposer les intérêts économiques et la préservation de l’environnement, montrent bien au contraire les convergences possibles.

La TVB du Pays de La Châtre insiste sur l’enjeu que constitue pour la biodiversité le maintien de l’élevage à l’herbe.  De même la TVB est venue conforter le travail engagé depuis plusieurs années pour mieux gérer les haies en particulier en direction d’une valorisation sous forme de bois déchiqueté destiné aux chaufferies locales.

Ainsi, Mesdames et Messieurs, en s’appuyant sur les travaux menés à l’échelle régionale et à celle des Pays, l’intégration de la préservation de la biodiversité dans les SCOT et les PLU devrait être facilitée tant par une meilleure connaissance du patrimoine naturel que par une appropriation des enjeux qui progresse réellement sur les territoires.