Voeu : ajourner la mise en oeuvre du cadencement ferroviaire, prendre le temps d’en mesurer tous les effets

Vœu du groupe Europe-Écologie Les Verts

La manière dont le cadencement national est imposé par l’Etat dans la précipitation pour la fin d’année 2011 témoigne une fois de plus du recul de la décentralisation. Les Régions, autorités organisatrices de transport, vont en effet être dépossédées de leurs prérogatives concernant les commandes de sillons. On n’oubliera pas, en revanche, de leur envoyer la facture.

Mais pourra-t-on réellement parler d’un « cadencement » quand il y aura, par exemple, des trains à 7h14, 8h14… puis plus rien jusqu’à 12h14 ? En toute logique, des horaires cadencés n’ont de sens que si les trains circulent à intervalle de temps régulier sur un parcours donné ! Car les personnes qui prennent le train tous les matins pour aller travailler mémorisent très bien les heures auxquelles elles peuvent avoir un train !

Il est dès lors permis de s’interroger sur la vraie raison qui pousse l’Etat à accélérer la mise en œuvre du cadencement… Les lecteurs attentifs de l’avant-projet du SNIT ont découvert l’introduction de la fiche FER10 qui dit que « le cadencement trouve pleinement sa pertinence dans un système de transport s’ouvrant à la concurrence ».

De fait, face à une telle précipitation et une telle impréparation, ne faut-il pas voir tout simplement la volonté de désorganiser encore un peu plus ce service public, en cohérence avec l’action globale du Gouvernement ?

Alors qu’on leur vend la mise en œuvre du cadencement comme une grande avancée, les usagers quotidiens sont malheureusement inquiets et à raison : diminution de dessertes, suppression d’arrêts, disparition de correspondances, voilà ce qui attend concrètement beaucoup d’entre eux ! Le Président de la SNCF, Guillaume PEPY, le reconnaît puisqu’il dit s’attendre à un « big bang ferroviaire » le 11 décembre 2011. Quand l’exaspération inévitable des usagers éclatera, il faudra que chacun assume ses responsabilités. 

En conséquence, le Conseil régional du Centre, réuni les 23 et 24 juin 2011 à Orléans :
    – s’interroge sur l’intérêt de mettre en place le cadencement de manière aussi précipitée, sans avoir laissé le temps à la concertation ;
    – ne souhaite pas augmenter les difficultés rencontrées par les usagers dans une région où les « lignes malades » sont déjà nombreuses ; 
    – demande que la mise en œuvre du cadencement soit repoussée, comme dans d’autres régions, et qu’on prenne le temps d’en évaluer sérieusement et contradictoirement les effets.

Vœu rejeté : Vote « Pour » d’EELV, vote « Contre » des groupes PS-PRG et PC-FG, non participation au vote du groupe UPRC (UMP+NC) et du FN