Vœu pour le retrait du glyphosate, classé cancérogène probable

Vœu proposé par le groupe Europe Ecologie-Les Verts

                                                 

Etudes après études, des scientifiques mettent en évidence les conséquences néfastes et multiples de nombreux produits phytosanitaires sur l’environnement et la santé humaine, mais aussi, de manière directe ou indirecte, sur l’ensemble de notre société.

Le 20 mars dernier, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a classé cinq pesticides comme « cancérogènes probables pour l’Homme ». Trois d’entre eux sont déjà interdits en France et en Europe et l’utilisation dérogatoire d’un quatrième (le malathion) est suspendue. Mais l’herbicide chimique le plus répandu au monde, le glyphosate, reste commercialisé.

Le glyphosate est présent dans 30 désherbants différents vendus en Europe, et notamment dans le Round-up de MONSANTO. Or dans la composition du Round-up, l’activité du glyphosate se trouve amplifiée par au moins un adjuvant, le polyoxyéthylène amine (POEA), qui est lui-même, selon une étude publiée en 2014 par  le laboratoire BioMEA (Biologie des Mollusques marins et des Ecosystèmes Associés) de l’Université de Caen, encore plus toxique que le glyphosate seul.

Le glyphosate réduit la biodiversité sur les terres agricoles et peut détruire les réserves de nourriture pour les oiseaux et les insectes. Lessivé des sols vers les ruisseaux, rivières et eaux souterraines, il affecte directement et de manière avérée la ressource en eau. En 2011, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA, principal produit de dégradation du glyphosate) était présent dans plus de 60 % des cours d’eau français testés et le glyphosate dans plus de 30 %. En 2010, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie reconnaissait même que « le glyphosate était présent dans l’eau potable à des concentrations supérieures à la norme ».

Aujourd’hui, les coûts sanitaire et social des perturbateurs endocriniens, et en particulier  des pesticides organophosphorés et organochlorés sont, de manière volontairement sous-estimée, évalués à entre 1,2 % et 2 % du PIB de l’Union Européenne, soit entre 157 et 270 milliards d’euros par an. Cela correspond à entre 300 € et 500 € au minimum pour chacun des habitants de l’Union Européenne !

En votant l’interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, les députés ont fait un premier pas et ont exprimé leur volonté de protéger la biodiversité mais aussi la santé humaine. Au niveau régional, l’action en faveur du « zéro pesticide » et le soutien au développement de l’agriculture biologique participent de la même volonté de ne plus recourir à ces produits et de ne plus subir leurs funestes effets.

La décision du CIRC doit nous faire réagir vite. Jamais un agent classé cancérogène n’a ensuite été rétrogradé à un échelon de dangerosité inférieur ! L’application du Règlement européen 1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques doit entraîner le retrait du marché des produits contenant cette substance active désormais reconnue officiellement comme « cancérogène probable ».

Le Conseil régional Centre-Val-de-Loire, réuni le 15 avril 2015 à Orléans, prenant en compte le classement comme « cancérogène probable » du glyphosate par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), demande aux pouvoirs publics français et européens le retrait de son autorisation et l’interdiction de la vente des produits contenant cette substance active.

VŒU REJETÉ

– pour : EELV, PC-FG

– contre : PS-PRG

– non participation au vote : UPRC (=UMP+UDI), FN