Vœu relatif au nouveau dispositif « Parcoursup »

Vœu proposé par le groupe écologiste

De manière concomitante avec la réforme du baccalauréat, l’entrée en fonction le 22 janvier dernier du nouveau dispositif « Parcoursup », visant à remplacer l’ancien système d’affectation Admission Post-Bac (APB), révolutionne de fait l’entrée à l’université, avec notamment :

  • la création de prérequis ;
  • la possibilité de limiter le nombre de places dans l’ensemble des filières ;
  • la demande de CV et lettres de motivation pour postuler dans les Universités comme on postule à un emploi ;
  • la demande faite aux élèves de terminale de faire 10 choix non hiérarchisés.

Si APB était critiquable, le nouveau système, créé dans la précipitation alors que le Parlement n’avait pas fini d’examiner le projet de loi VIDAL relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants, instaure de fait une forme de sélection à l’université.

Plutôt que d’augmenter les moyens des universités, on sacrifie les plus faibles, qui n’auront plus accès à l’enseignement supérieur. Si on ajoute à cette sélection la suppression des séries au lycée, on demande aux élèves d’élaborer de plus en plus tôt des stratégies complexes pour accéder à l’enseignement supérieur, ce qui risque de faire progressivement du lycée un simple lieu de sélection plutôt que l’achèvement d’une formation secondaire.

Depuis une décennie au moins, les moyens n’ont pas été donnés à l’université pour faire face à l’augmentation du nombre des bacheliers, ce qui a entraîné une dégradation des conditions d’accueil et d’études des étudiants et les conditions de travail des salariés. L’objet du « Plan Etudiants » et de la loi VIDAL est bien de mettre en adéquation le nombre d’étudiants avec le nombre de places disponibles, dans un cadre budgétaire contraint.

En conséquence, le Conseil régional Centre-Val de Loire, réuni le 22 février 2018 à Orléans :

  • déplore le principe de sélection à l’université induit par le nouveau dispositif « Parcoursup » et demande en particulier la suppression des prérequis ;
  • défend, plutôt que l’instauration d’une sélection en entonnoir, la mise en place d’un véritable parcours d’orientation qui accompagne les futurs étudiants dans la construction de leur parcours universitaire ;
  • considère qu’une réforme qui ne s’attaque pas à la question cruciale des moyens ne peut pas permettre à l’université de mieux répondre au défi de la réussite des étudiants.

 

VŒU REJETÉ :

Pour : groupe écologiste

Contre : UDC (LR, UDI), FN

Non participation au vote : groupe SRD (PS, PRG, UDE)